Présentation

Le médiateur familial aide les familles à trouver des solutions pour mettre fin à leurs conflits. Un métier dans lequel le dialogue et l'empathie sont des qualités très importantes.

Quand le dialogue ne passe plus, quand prendre la moindre décision commune s'avère impossible, quand les enfants deviennent des otages affectifs, le médiateur familial entre en action ! Il aide les couples en cours de séparation à se parler.

Le métier de médiateur familial

« L'absence de communication favorise les fantasmes sur l'autre et attise les rancœurs et les frustrations, constate Véronique Hwong, médiatrice. En médiation, j'essaie de renouer le dialogue et d'apaiser le conflit. J'écoute et je soutiens les deux parties sans distinction. Cette attitude permet à chacun de se rendre compte que la situation n'est pas toujours facile à vivre pour l'autre non plus et qu'il faut sortir du schéma victime coupable. »

Le dialogue rétabli, les parties en présence commencent à chercher des réponses à leurs problèmes. Le médiateur familial se contente de les guider.

« Les couples doivent régler leurs désaccords eux-mêmes, prévient Véronique. Je ne propose pas de solutions toutes faites. Je dispose juste d'outils pour crever les abcès et aider à avancer. Je dessine le schéma familial sur un tableau pour y voir plus clair par exemple. J'invite également les adultes à reformuler leurs reproches de façon positive et à les transformer en souhaits. À la fin de chaque séance, les parties rédigent un protocole d'accord. Ils retranscrivent avec leurs propres mots les décisions qu'ils viennent de prendre ensemble », témoigne-t-elle.

Un travail sur l'humain

Le médiateur familial intervient parfois à la demande du juge des affaires familiales mais la démarche demeure toujours volontaire et le facteur humain, prédominant, engrange toujours une grande part d'incertitude.

« Après dix ans de métier, j'ai encore le trac, confie Véronique. Je sais que je ne suis pas à l'abri de surprises, bonnes ou mauvaises. Parfois, des gens qui ne pouvaient plus se voir sans s'insulter parviennent à rester ensemble deux heures dans la même pièce, d'autres fois, une rencontre que l'on pensait sans complications tourne au vinaigre. Dans ces cas-là, je me remets en question surtout si la médiation a échoué. Je me demande si je suis intervenue au bon moment, de la bonne manière... », ajoute-t-elle.

Confronté à des situations parfois éprouvantes, le médiateur familial ne reste pas seul avec ses questions. « Une fois par mois, j'organise une réunion avec mes collègues où chacun vide son sac. Ensuite, nous échangeons sur nos expériences et nous cherchons ensemble des solutions aux difficultés rencontrées. Cette soupape de sécurité s'avère indispensable pour prendre du recul et recharger nos batteries », décrit-elle.

Des nombreuses qualités

Neutralité, confidentialité, impartialité. Ces trois principes figurent dans la charte déontologique de la médiation familiale. Le métier exige donc une grande discrétion, de l'empathie, une absence de préjugés mais aussi de la lucidité.

Au quotidien, le médiateur pénètre profondément dans l'intimité de ses interlocuteurs. C'est pourquoi il doit faire preuve d'humilité et poser la distance nécessaire pour ne pas se laisser envahir par des problèmes qui ne sont pas les siens.

Formation

Comment devenir médiateur familial ?

Pour accéder à cette profession, il faut passer le diplôme d'Etat de médiateur familial. Une formation qui dure 560 heures.

Afin de pouvoir suivre cette formation, il faut avoir préalablement obtenu un diplôme de travail social ou paramédical (deux ou trois années après le bac, en BTS, DUT ou licence) ou une licence dans le domaine de la psychologie, de la sociologie ou du juridique.

Dernière mise à jour : 2 novembre 2015