Présentation

« Je dis toujours que les sportifs sont pressés de guérir, mais pas de se blesser », ironise le Pr. Ouazana, médecin du sport. Mais, dans les deux cas, ils viennent consulter ces professionnels qui, dans 80 % sont des médecins généralistes.

Et les raisons des consultations sont diverses et variées. « Il existe deux motifs principaux de visites : les demandes de certificat d'aptitude pour les sports à risques, de type parachutisme ou plongée sous-marine, et les demandes de certificat pour un sur-classement, comme, par exemple, un cadet voulant jouer au basket en catégorie senior », précise le professeur. Les sportifs peuvent également consulter ce médecin pour organiser leur programme d'entraînement ou de diététique.

Enfin, certains ont besoin d'un médecin du sport en cas de blessure. « Nous sommes là pour réparer et éviter que cela ne se reproduise. En cela, nous faisons avant tout un travail de prévention, et procédons à un véritable contrôle technique sur la manière de s'entraîner pour comprendre quelle erreur technique a été commise. Est-ce le terrain ? Le matériel ? », explique le Pr. Ouazana. Le but : tout faire pour que le sportif blessé retrouve la totalité de ses capacités dans les plus brefs délais, et éviter qu'il ne rechute.

Un coach psychologique

L'autre partie de cette profession concerne le coaching psychologique. « Cet aspect est fondamental. Les sportifs ont en effet besoin de motivation et de soutien. Ils vivent toujours mal de se blesser. Et, pour les professionnels, s'ajoute la pression du rendement et des contrats. Ils aimeraient guérir du jour au lendemain, alors qu'il faut prendre le temps de guérir », explique le Pr. Ouazana.

Un bon médecin du sport connaîtra également en détail la pratique sportive de ses patients et les gestes propres à chaque discipline. Dans ce cas, il est d'ailleurs conseillé d'être soi-même un praticien de sport, ce qui permettra une approche plus facile avec ses patients. Ce métier exige donc des compétences techniques, mais aussi d'être pédagogue et fin psychologue. Enfin, cerise sur le gâteau : « Contrairement aux médecins généralistes, on voit plein de gens en bonne santé », conclut le Pr. Ouzana.

Sur tous les fronts

Où rencontrer un médecin du sport ? Sur les terrains de sport lors des compétitions, mais aussi lors des entraînements, car il doit suivre "ses" sportifs de A à Z. Aujourd'hui, les dirigeants de clubs ne font plus faire n'importe quoi à leurs adhérents, mais personne n'est à l'abri d'une blessure.

Le médecin du sport doit gérer les petites blessures pour éviter qu'elles ne deviennent de grosses blessures. La psychologie et la persuasion sont de rigueur, car il est souvent impensable pour un athlète de déclarer forfait à la veille d'un grand rendez-vous.

Les anciens sportifs et les débutants passent aussi entre les mains expertes d'un médecin du sport. Explication des règles de base, comme les échauffements, les étirements, les gestes à éviter, le type de chaussures à employer en rapport avec le sport choisi, l'alimentation avant, pendant et après l'effort, les effets secondaires de certains médicaments... Et un suivi tout au long de l'année.

Autre rôle important auprès des enfants, dans le cadre du traitement de pathologies de croissance par exemple, lors de visites en cabinet ou en club. Dès qu'il s'agit d'affiner un diagnostic ou des pathologies qui sortent de son domaine de compétence, le médecin du sport travaille avec des ORL, des kinésithérapeutes... Un travail collégial intéressant pour les deux parties. Ces collaborations débouchent aussi sur l'organisation de débats auprès des jeunes et des moins jeunes sur les méfaits du tabac ou encore du dopage.

Formation

Comment devenir médecin du sport ?

Les études en vue du diplôme de docteur en médecine spécialisée durent dix ou onze ans après le bac. Elles se déroulent à l'université et allient théorie et pratique.

Après le bac

À l'issue de la 1re année, seulement 10 % à 25 % des étudiants réussiront le concours d’entrée en 2e année. Toutefois, depuis la rentrée 2014, il est possible dans certains établissements d'entrer directement en deuxième ou troisième année.

Durant ces années, les étudiants accomplissent au moins 400 heures de stages. La 2e partie du 2e cycle dure trois ans. Ils constituent l'externat. À l'issue de ce cycle, le concours de l'internat permet d'accéder au 3e cycle.

Le 3e cycle dure quatre à cinq ans selon les spécialités. Les futurs médecins peuvent alors choisir pendant leur internat de préparer le diplôme d'études spécialisées complémentaires (DESC) Médecine du sport.

La validation du 3e cycle implique la soutenance d'une thèse de doctorat, à l'issue de laquelle est délivré le diplôme d'État de docteur en médecine. Certaines universités proposent des DU accessibles aux étudiants de 2e cycle. Quelques-unes les ouvrent même à des étudiants non médecins (professeurs de sport, entraîneurs).