Présentation

Conseiller ses employeurs sur le régime fiscal le plus opportun ou la négociation des contrats, telles sont les missions confiées au juriste d'entreprise. Il peut travailler pour le compte de différents services.

Protéger et défendre les intérêts de la société pour laquelle il travaille, voilà le leitmotiv du juriste d'entreprise. Qu'il s'agisse de la fiscalité, d'un contentieux, d'une négociation de contrat ou du régime des retraites, il joue un rôle de conseil auprès de ses employeurs. Polyvalent, il n'est pas cantonné à un seul et unique service : son domaine d'intervention s'étend de la direction des ressources humaines à celles des finances, en passant par le domaine commercial.

Un métier qui touche à tous les domaines

Ce professionnel développe des compétences correspondant à sa spécialité : droit des affaires, droit social, droit international... Mais son champ d'action est bien plus vaste.

« Il est difficile de délimiter ses fonctions, puisque celles-ci varient d'une structure à une autre, lance Aïcha Tazi, juriste d'entreprise. En général, le juriste va faire office d'organe de contrôle et de conseil auprès des différents départements (finance, procureur, comptabilité, RH...). Ainsi, il vient défendre les intérêts de la société dans sa gestion quotidienne, mais ne me peut pas la représenter devant les tribunaux », explique-t-elle.

Mais il ne se contente pas de travailler avec les services internes de l'entreprise : « Il intervient également en complémentarité avec les avocats externes de la société, lorsqu'il s'agit d'un domaine que le juriste ne maîtrise pas ou peu », détaille-t-elle.

Le quotidien du juriste

Les journées du juriste d'entreprise sont riches et variées : « J'effectue principalement de la négociation et/ou rédaction de contrats et un simple contrôle pour les dossiers les moins importants. J'interviens également en matière sociétaire en cas de restructuration ou de refinancement de la société. Je touche à tout ce qui découle de la vie d'une entreprise tel que l'organisation d'une assemblée générale, la publication des comptes au registre du commerce... », raconte Aïcha.

« L'autre grand pondant de mon activité est le pré-contentieux qui consiste à régler un conflit, afin d'éviter d'apporter le litige devant les tribunaux. J'accomplis aussi de la due diligence pour m'assurer qu'une décision (commerciale, financière) soit bien conforme aux normes applicables », ajoute-t-elle.

Les qualités requises

L'inconvénient du métier ? « C'est qu'on ne peut pas défendre la société en cas de litige devant le juge », confie Aïcha. Une frustration qui n'a pas lieu d'être « si l'on a la possibilité de mettre un terme au conflit à naître avant l'étape des tribunaux ».

Dans cette optique, le juriste d'entreprise doit être rigoureux, concret dans son approche des problèmes et discret, car « il est lié par une clause de confidentialité », rappelle-t-elle.

« Il faut avoir le souci du détail, un esprit de synthèse et une aisance tant à l'écrit qu'à l'oral. Il est important de savoir travailler en groupe, car on est amené à collaborer avec d'autres professionnels. Et il faut surtout être créatif pour pouvoir trouver des solutions à des cas complexes, surtout lorsque l'on nous demande de réussir l'impossible », argue-t-elle.

Enfin, ce spécialiste doit être curieux et exercer une veille permanente, lui permettant d'être informé des évolutions juridiques, de la jurisprudence ou des nouvelles lois européennes.

Formation

Comment devenir juriste d'entreprise ?

Pour exercer cette profession, pas de secret : vous devez poursuivre des études de droit. Une fois votre bac en poche, il est impératif de peaufiner votre projet d’études en intégrant un cursus universitaire en droit.

Cette formation vous mènera à un niveau bac +5, avec l’obtention d’un master. Au fur et à mesure des années, vous pourrez vous spécialiser : le master DJCE (master 2 droit spécialité juriste-conseil d'entreprise) reste la meilleure voie pour vous ouvrir les portes de la profession.

Toutefois, les masters « droit des affaires » ; « droit des sociétés » ; « droit fiscal » ; « droit des contrats » ; « droit du commerce international » ; « droit de la concurrence » ; « droit de la consommation » ; « droit des brevets » ; ou encore « droit de la banque » vous permettront également d’accéder à ce métier.

A noter que la plupart des juristes d'entreprise ont un master 2 en droit privé avec l’une de ces spécialités.

Dernière mise à jour : 28 octobre 2015

Témoignage

Témoignage d’Aïcha Tazi, juriste d'entreprise

« C’est un métier où l’on peut travailler pour plusieurs structures comme les fonds d’investissements, les cabinets de conseil, d’avocats ou d’audit, les banques et les sociétés de toutes tailles. Ainsi dans une carrière, nous sommes amenés à intervenir dans différents secteurs, ce qui est très enrichissant.

De plus, nous faisons office d’organe de contrôle et de conseil auprès de nombreux départements : j’entretiens ainsi un rapport de complémentarité avec mes collègues. En ce qui concerne les clients, les échanges se font principalement par téléphone ou par email : ce n’est qu’en cas d’un éventuel litige que la rencontre a lieu.

Enfin, même si le volume horaire de travail est important, il reste inférieur à celui pratiqué dans les cabinets d’avocat. »