Présentation

Si auparavant le guide de haute montagne ne faisait que mener des gens en montagne, aujourd'hui il enseigne aussi le ski de randonnée, l'escalade, l'alpinisme, le hors-piste, et même le canyoning !

Outre une excellente condition physique, c'est la technique, la connaissance de la montagne et de ses dangers qui priment. Savoir estimer les risques et posséder un grand sens des responsabilités : des qualités sine qua non pour pouvoir exercer le métier de guide de haute montagne. À côté de cela, un grand sens du relationnel est requis afin de savoir rassurer et mettre en confiance ses clients.

Travailler plusieurs saisons dans l'année est nécessaire

La plupart des guides sont indépendants, les autres étant prestataires de services auprès d'organisateurs de voyages ou de centres de loisirs. Contrairement à ce que l'on pense, la grosse saison ne se limite plus à l'hiver. Ainsi l'été et le printemps attirent de plus en plus les foules : "C'est l'automne la période la plus creuse. J'exerce beaucoup l'hiver et le printemps car il faut travailler plusieurs saisons dans l'année pour gagner honnêtement sa vie", explique Eric.

Chaque course est tarifée, à titre indicatif, par le Syndicat national des guides, bien que les professionnels puissent ensuite s'arranger avec le client. Lorsque ce dernier souhaite partir plusieurs jours, le guide de haute-montagne fixe un tarif à la journée, selon son bon vouloir : "Bien évidemment, plus la course est difficile, plus elle est chère. Mais les clients habitués savent que nous sommes garants de leur sécurité, ils ne marchandent pas le prix !"

Un métier dangereux qui demande une réelle expérience

Ne devient pas guide de haute-montagne qui veut : ce métier requiert un brevet d'Etat du ministère de la Jeunesse de qui souhaite pouvoir l'exercer professionnellement. Rien que pour présenter le concours d'aspirant-guide, il faut déjà faire preuve d'une solide expérience du milieu montagnard : pas moins de 55 courses sont demandées !

"Elles sont très variées : des voies glaciaires de faible, moyenne ou grande difficulté, des escalades rocheuses... Bref, celui qui les réunit doit déjà être un très bon amateur", ajoute Eric. Une pratique de la montagne sans reproche, telle est la requête compréhensible adressé aux guides de haute montagne compte tenu des responsabilités qui leur incombent.

"Il faut être irréprochable, tout en sachant que malgré notre professionnalisme, on ne peut pas tout prévoir. On peut minimiser, mais jamais supprimer les dangers de la montagne", confie Eric. En effet, les guides ne sont pas infaillibles : 4 ou 5 d'entre eux meurent chaque année dans l'exercice de leurs fonctions. Alors forcément, pas facile de mener une vie de famille quand on connaît les dangers auxquels ils s'exposent. "

Formation

Comment devenir guide de haute montagne ?

Cette profession est très sujette à l'évolution du marché des loisirs qui, actuellement, se porte de mieux en mieux. Mais pour devenir un professionnel habilité, le guide doit avoir été formé de manière très stricte et encadrée.

Le bac n'est alors que le point de départ de cette formation sportive, bien qu'il ne soit pas indispensable. Votre but ultime : obtenir un BEES (brevet d'Etat d'éducateur sportif) !

Avec ou sans le bac

Sachez que l'ENSA (Ecole nationale de ski et d'alpinisme de Chamonix) est la seule école qui pourra vous délivrer ce BEES. Certes, vous pouvez vous préparer à ses formations en passant par différents organismes, mais le diplôme de guide de haute montagne n'est délivré que par l'ENSA.

La première étape : obtenir le diplôme d'aspirant-guide afin d'être autorisé à passer l'examen de guide. L'examen probatoire du diplôme d'aspirant-guide demande une grande expérience de la haute montagne ainsi que des diverses disciplines qu'elle réclame : ski, rocher, glace, terrain mixte… Un aspirant-guide peut exercer les mêmes activités qu'un accompagnateur de moyenne montagne — encadrer des skieurs et enseigner l'alpinisme — à un niveau de difficultés et d'altitude plus limité. Une fois le probatoire réussi, vous disposerez de 5 ans pour obtenir le titre de guide, sinon vous perdrez celui d'aspirant !

Après avoir exercé deux saisons, vous pourrez vous présenter au concours de guide. La liste de courses à présenter est quasiment la même que la précédente, ce concours ayant surtout pour objet de permettre aux examinateurs d'évaluer si l'expérience que vous avez acquise est suffisante pour que vous puissiez devenir guide.