Présentation

Sortir un chalutier de l'eau, assembler une grue à tour, remettre un train renversé sur ses rails, ou encore déplacer de petits avions, voilà le quotidien du grutier.

Le grutier doit faire preuve de nombreuses qualités personnelles. Ce métier requiert un tempérament calme, de la précision et du sang-froid en toutes circonstances. Le grutier travaille souvent en autonomie, il doit avoir un bon coup d'œil pour effectuer sa manœuvre correctement. Quand il travaille à l'aveugle, le conducteur d'engin de levage est dirigé par radio. Ces manœuvres délicates nécessitent un certain sens de l'écoute et une bonne entente avec son interlocuteur. De plus, une bonne maîtrise des chiffres est indispensable pour calculer tous les paramètres d'un levage en sécurité.

Gérer son levage de A à Z

Sur les chantiers, le conducteur de grue mobile doit gérer sa grue du début à la fin. Pour mener sa machine sur les lieux du levage, le grutier doit calculer son itinéraire en tenant compte de la taille de sa machine et des contraintes de l'infrastructure routière. "Et quand les rues sont à peine plus large que la grue, c'est du sport !" remarque Joël en riant. Une fois sur place, le grutier doit placer et caler son engin au bon endroit pour effectuer le levage dans les meilleures conditions de sécurité en tenant compte de la distance à parcourir et de la hauteur requise. "Quand on lève 120 tonnes, on n'a pas le droit à l'erreur, explique Joël. Il y va de la vie des gars qui travaillent avec moi. Avant le levage, je fais toujours une visite de chantier avec le commercial. Je vérifie l'état du terrain, s'il n'est pas trop meuble ou incliné, le poids de la charge à lever, le lieu où placer la grue. Ensuite, je peux décider du nombre de contre-poids nécessaire, du mouflage. Ce sont de grosses responsabilités."

Des missions différentes à chaque fois

Une chose est sûre, le métier est loin d'être monotone. Le grutier travaille toujours en extérieur, ce qui inclut les intempéries. Il côtoie de nombreuses personnes différentes, la gendarmerie pour les convois exceptionnels, des ouvriers, des commerciaux, ... Les missions aussi sont diverses. "On ne lève jamais la même chose, explique Joël, chaque nouveau levage est un défi. Il faut tenir compte de tous les paramètres qui entrent en jeu. Une fois, j'ai du rattraper une bétonneuse remplie de ciment. Elle s'était renversée sur une maison en hauteur et menaçait d'autres habitations. En plus, le terrain était en pente. C'était vraiment un levage difficile, il fallait agir vite et avec précision. Mais je suis content de l'avoir réussi."Aujourd'hui, le travail des grutiers est facilité par l'informatisation des machines. Les ordinateurs vérifient les normes de sécurité, alertent en cas de défaillance technique, de faute de "pilotage" ou de surcharge.

Formation

Comment devenir grutier ?

Le CACES

Pour devenir chauffeur grutier, le Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité est obligatoire. Le Caces n'est pas un diplôme, il valide le savoir-faire du candidat. Pour le passer, il n'est pas nécessaire d'avoir une expérience dans le bâtiment, les débutants sont acceptés. Vous devez être âgés d'au moins vingt et un ans et posséder le permis poids lourd. La formation préparant au Caces se déroule en dix jours minimum, quatre de théorie, six de conduite intensive, et doit être agréée par la Cnam. Vous devrez apprendre à manœuvrer les machines sur un chantier et dans la circulation. Vous devrez aussi assimiler les règles de sécurité indispensables dans ce métier et les différents paramètres (topographie, poids,..) à prendre en compte avant d'effectuer un levage.