Présentation

Au croisement du droit et de l'investigation, le généalogiste est un chasseur d'histoires. Il remonte dans le temps pour retrouver l'historique des familles et retracer les lignées. Patient et persévérant, il compulse des centaines de documents pour repérer une piste. Mais il doit parfois aussi accepter de rester bloquer dans des impasses.

Esprit de synthèse, culture générale et historique et bonnes capacités rédactionnelles sont indispensables pour mener à bien la mission du généalogiste et rédiger un rapport circonstancié au client. A noter, depuis que la profession s'est organisée en chambres professionnelles, il s'agit d'un métier à part entière qui nécessite toutefois une bonne assise financière (coût des recherches, déplacements à l'étranger...).

La recherche de l'heureux héritier

Une quarantaine d'études de généalogiste existe en France. Dans 90 % des missions, le généalogiste travaille pour un notaire ou un avocat. Appelé lors d'une succession ou d'une vente de biens, il est mandaté pour retrouver le bénéficiaire des actes, comme les descendants d'une personne décédée. Il entreprend alors une recherche sans certitude de trouver des héritiers.

Lors de sa "battue", c'est-à-dire la recherche d'une personne, le généalogiste fouille dans les archives et dossiers officiels, les actes de naissance, de mariage ou de décès et analyse l'État civil, les recensements de population, les impôts... L'histoire des familles est examinée, disséquée... jusqu'à trente ans en arrière ! “C'est la partie la plus passionnante de ce métier, s'enthousiasme Jean Noel Vedere, généalogiste à Auch. Lors des investigations, j'analyse des milliers de données. Je ne dois en aucun cas manquer une information ! Il faut être pugnace pour réussir : je peux passer des journées, voire des semaines entières, pour mettre le doigt sur une piste !

Ensuite, l'expertise parle pour déterminer qui est héritier, et qui ne l'est pas !” Egalement contacté par une clientèle privée pour des dossiers particuliers, le généalogiste est alors appelé pour reconstituer un arbre familial ou réaliser des recherches foncières. Il doit alors d'être solide psychologiquement car l'étude du passé peut faire surgir des événements familiaux déstabilisants voire dramatiques.

Un statut juridique particulier

Le généalogiste se voit attribué des compétences juridiques importantes : lors de la rédaction des actes chez le notaire, il vérifie l'exactitude des mentions et la validité des documents. De plus, il peut être mandaté par les héritiers qu'il a retrouvés dans la liquidation de la succession. Prestataire de service, le généalogiste se rémunère le plus souvent grâce à un pourcentage sur les parts des héritiers qu'il localise.

Avec le risque de ne pas réussir à rentrer dans ses frais si l'enquête a généré trop de frais -voyages dans les provinces françaises ou le monde entier, surgissement d'obstacles linguistiques, administratifs ou juridiques- ou n'a tout simplement pas aboutie. Le généalogiste doit donc faire preuve de beaucoup de sérieux, de rigueur et d'aptitudes commerciales certaines pour convaincre ses interlocuteurs et mener à bien son entreprise.

Formation

Comment devenir généalogiste ?

Même s’il existe quelques formations dans le cadre universitaire, rares sont les études spécialisées en généalogie. A noter qu'une licence professionnelle Activités juridiques, spécialité "généalogiste successoral" a été créée à l’Université de Corse.

Avant de se lancer, il convient donc acquérir un socle de connaissances utiles dispensé dans les cursus d’enseignement juridique de droit privé et fiscal, ou encore de sciences humaines avec une spécialisation historique.
Une fois la base acquise, la formation pratique sur le terrain ne s’obtenir que dans une étude de généalogiste.