Présentation

8h10, Lycée Marcel Sembat dans la banlieue de Rouen. La première sonnerie retentit. “Vous n’avez pas cours ?”, lance malicieusement Anne-Marie Bergeron, conseillère principale d’éducation, à un groupe d’élèves assis dans le hall de l’établissement. Après une discussion rapide, les jeunes obtempèrent et se dirigent nonchalamment vers leur salle de classe.

Le métier de conseiller d’éducation implique une maîtrise parfaite des processus de médiation entre les élèves, les parents, les professeurs et l’administration. L’écoute, la pédagogie et un grand sens psychologique constituent donc les maîtres-mots de cette profession. Une grande disponibilité, un sens de l’observation aiguisé, de la maturité et de la résistance au stress sont indispensables pour gérer au mieux tout type de situations…

Le dialogue avant tout

Régularisation des absences, respect du règlement intérieur, observation des consignes de sécurité et d’hygiène, formation des délégués…: tout ce qui concerne la vie scolaire relève du CPE. “Je consacre 80 % de mon temps à m’occuper des élèves, estime Anne-Marie. En cas de problème, je discute avec les jeunes pour comprendre les difficultés rencontrées. Mon expérience m’aide à discerner les vraies raisons de leur comportement car les causes du mal-être ne correspondent souvent pas à celles avancées dans un premier temps. Ensuite, j’essaie de mobiliser leurs capacités pour leur redonner confiance, à travers l’élaboration d’un projet professionnel par exemple". Toutefois, chaque situation est unique. Il n’existe pas de solution miracle, de procédure automatique à suivre. “Je travaille avec et dans l’humain, rappelle Anne-Marie. Mes actions peuvent engendrer des effets inattendus, voire pervers. C’est pourquoi je m’impose toujours une période de réflexion et de dialogue avec le reste de l’équipe d’encadrement (professeurs, surveillants, autres CPE) avant d’agir.”

Un vrai travail d’équipe

Le CPE n’est toutefois pas un professionnel omniscient. Pour mener à bien sa mission, il mobilise toute l’équipe pédagogique présente. "Les surveillants, que je supervise, ont une relation différente avec les élèves, explique Anne-Marie. Ils font remonter d’autres informations et passent les messages de façon moins formelle. La discussion avec les professeurs est également indispensable. Savoir comment se déroulent les cours permet souvent de comprendre le comportement d’un élève en particulier".
Ce large panel d’intervenants n’est pas toujours facile à gérer. D’autant qu’une cohérence entre les discours et les actes représente la condition sine qua non pour donner des repères stables à l’élève. De fait, une bonne communication entre tous ces acteurs s’impose. "Les conflits latents, les non-dits sont les plus dangereux, assure Anne-Marie. Pour les éviter, je bannis la langue de bois et privilégie encore et toujours le dialogue."

Formation

Comment devenir conseiller d'éducation

Pour devenir conseiller principal d’éducation, la première étape consiste à réussir le concours de sélection. Les épreuves portent sur différents thèmes : connaissance du système éducatif, histoire des institutions scolaires, psychologie de l’adolescent mais aussi de droit, de sociologie ou de philosophie.

Un diplôme de niveau master, de préférence dans le domaine des sciences de l’éducation ou des sciences humaines, est requis pour se présenter. Néanmoins, la concurrence est plutôt rude : près de 20 % d’admis en 2011 selon le ministère de l’Éducation nationale. De nombreux candidats optent donc pour une année préparatoire au concours dispensée par les IUFM pour accroître leurs chances de réussite.

Dès leur admission, les lauréats accèdent au statut de conseiller principal d’éducation stagiaire. Ils entament alors un an de stage rémunéré dans un établissement. Durant ce stage, ils bénéficient d’un accompagnement et suivent de périodes de formations alternées. La titularisation définitive intervient enfin après l’obtention du certificat d’aptitude.