Présentation

Officier ministériel nommé par décret du garde des Sceaux, le commissaire-priseur exerce avec brio sa profession aux multiples facettes : inventaire des successions, expertise des objets d'art, biens mobiliers ou immobiliers, conception et organisation des ventes, gestion des inventaires judiciaires.

Si vous aspirez à une carrière exemplaire de commissaire-priseur, interrogez-vous d'abord pour savoir si vous possédez les qualités requises : sens du relationnel, culture artistique, passion de l'objet et du milieu, ressources psychologiques, charisme, sens de l'organisation et mémoire visuelle. N'oubliez pas qu'un professionnel compétent sait allier ses compétences artistiques et juridiques à ses fonctions de conseil et de vendeur. Polyvalence oblige !

"Le médecin généraliste des objets d'art..."

Commissaire-priseur depuis 13 ans, maître Binoche se définit comme "un médecin généraliste des objets d'art". Son rôle quotidien consiste ainsi à estimer des biens avant de "réaliser les catalogues, diffuser les publicités dans les journaux spécialisés, exposer les objets et, enfin, organiser la vente proprement dite".

Les célèbres trois coups du marteau en ivoire s'apparentent donc à l'aboutissement d'une démarche judiciaire déclenchée par les huissiers, les notaires, les mandataires liquidateurs ou les vendeurs particuliers : "Il s'agit de la partie émergée de l'iceberg masquant un travail de plusieurs mois en amont". Soumis aux phénomènes de mode, le commissaire-priseur doit s'informer en permanence des tendances du marché.

Les clefs du succès : l'information et la psychologie

"Actuellement, le mobilier des années 50 est très prisé, alors qu'en 1990 il ne valait rien" ! Les catalogues permettent donc de comprendre, voire d'anticiper, l'évolution des valeurs diverses. De même, tact et doigté sont particulièrement recommandés lors des évaluations de biens particuliers : "Certains pensent détenir un trésor de 10 000 euros, alors que l'estimation ne dépasse pas les 100 euros. Difficile de briser un rêve sans user de ressources psychologiques" !

Le spectacle de la vente

"Les personnes qui assistent à une vente patientent durant des heures assises dans une salle". Le risque de somnolence grandissant, le commissaire-priseur crée alors l'ambiance des enchères : "Il s'agit d'une pièce de théâtre ! Personne ne doit s'ennuyer ! Il faut instaurer un rythme précis, et ne pas hésiter à amuser et animer les esprits pour fixer l'attention de l'assistance".

Plus qu'un simple homme de scène, maître Binoche se transforme parfois en véritable tentateur : "La plupart des potentiels acheteurs savent combien il leur est raisonnable de débourser pour devenir acquéreur d'un bien. Mon rôle consiste alors à forcer cette limite financière pour obtenir une surenchère".

La vente avant tout ! Mais, n'oubliez cependant pas qu'on ne peut devenir commissaire-priseur sans "un sens inné de l'objet et un témoignage d'honnêteté conféré par le statut d'officier ministériel".

Formation

Comment devenir commissaire-priseur ?

Bac+3 doublé d'un bac+2

Seuls les titulaires d'une licence de droit, d'histoire ou d'histoire de l'art peuvent espérer devenir commissaire-priseur. Ce doublé de titres universitaires reste l'unique moyen d'accéder aux épreuves artistiques et juridiques de l'examen d'entrée en stage.

Au terme de la sélection, les stagiaires, rémunérés, suivent une formation théorique et pratique de deux ans chez un professionnel puis sanctionnent leurs acquis par l'examen d'aptitude à la profession de commissaire-priseur.

Ce titre, uniquement délivré à son titulaire lors de son installation, oblige souvent les jeunes diplômés à s'associer en société civile professionnelle (SCP) afin de réduire leurs frais. A titre indicatif, sachez que le rachat d'un office particulier est actuellement estimé en moyenne à 2 millions de francs. Comptez 5 millions pour investir la région parisienne !

Dernière mise à jour : 7 avril 2015