Présentation

Documentaires, longs-métrages, films : le chef monteur a pour mission de produire une œuvre audiovisuelle finale.

Il est la personne qui ordonne, réduit, supprime, et assemble les images après leur tournage. Le chef monteur doit donner du sens au récit audiovisuel. Avec son équipe, il a pour mission de sélectionner les prises, décider de la durée des différents plans et séquences, retravailler les sons et les images,...

Le métier de chef monteur

Depuis dix ans qu'il exerce le métier de chef monteur, Rémi ne compte plus les documentaires qui ont défilé sous ses yeux... « Je suis le dernier maillon dans la chaîne de production d'un film, qu'il s'agisse d'un documentaire, d'un film institutionnel ou d'une fiction. C'est dans mes mains que le film prend sa forme définitive. La responsabilité n'est donc pas des moindres », lance-t-il.

Après avoir tourné ses plans, le réalisateur procède au dérushage et effectue un premier tri dans ses images. Puis il apporte ses rushes, organisés en séquences et lieux de tournage, au monteur.

« On dispose d'environ dix heures de rushes pour monter un film de 52 minutes, explique Rémi. Je dois d'abord les rentrer dans la machine puis les numériser. Il faut compter environ deux jours de travail pour la numérisation car elle se fait en temps réel. Je profite de ces moments pour visionner les images afin de déterminer la matière mise à ma disposition et repérer les plans que je supprimerai. »

Ensuite Rémi, en collaboration avec le réalisateur, choisit ses plans et place les séquences bout à bout afin de raconter une histoire et donner vie au film. « Il faut veiller à la cohérence du film, à l'enchaînement des plans et au rythme de l'ensemble. Si le film n'est pas assez rythmé ou s'il n'existe pas assez de diversité dans les plans, le spectateur risque de vite décrocher... », détaille-t-il.

Place à la liberté artistique

Métier de l'ombre par excellence, le chef monteur doit allier connaissances techniques et sensibilité artistique. Son sens de l'observation, sa mémoire visuelle et auditive, son souci du détail et son organisation en font un excellent professionnel. Humainement, il doit souvent savoir faire preuve de diplomatie et de patience avec ses partenaires réalisateurs.

Avec l'avènement du virtuel, la part laissée à la créativité est encore plus importante. « Il est loin le temps du banc de montage linéaire où l'on travaillait avec deux magnétoscopes. À l'époque, on était obligé de monter les séquences dans l'ordre du film. Aujourd'hui, il est tout à fait possible de monter l'introduction en dernier. Et puis on peut faire plus d'essais d'assemblage de plans. Auparavant, c'était beaucoup plus contraignant... Grâce au virtuel, on développe une plus grande liberté artistique », expose Rémi.

Technicien, le chef monteur est également un créatif. « Mon rôle ne se résume heureusement pas à actionner des boutons. Néanmoins, ma part de créativité dépend beaucoup des relations entretenues avec le réalisateur. Certains ont une idée bien précise de ce qu'ils veulent ; d'autres me laissent davantage de liberté d'action. L'important de mon travail réside également à initier une distance entre les réalisateurs et leurs documentaires : lorsqu'ils insistent pour utiliser un plan, alors que la "magie" au montage n'opère pas, je leur soumets de nouvelles propositions pour les ouvrir sur un autre regard. Il ne faut pas se laisser étouffer par le réalisateur, sinon, on n'apporte rien au film », conclut Rémi.

Formation

Comment devenir chef monteur ?

Pour débuter dans le métier, une formation à bac +2 est obligatoire. Le BTS métiers de l'audiovisuel, option montage et postproduction est très adapté.

Les étudiants peuvent ensuite continuer en passant un diplôme d'un an de niveau bac +3 en montage ou en audiovisuel dans une école spécialisée. Ils peuvent par la suite terminer leur formation par un master professionnel en études cinématographiques.

Les écoles du cinéma et les écoles d'audiovisuel peuvent également mener à cette profession.

Dernière mise à jour : 6 octobre 2015