Présentation

"Il me suffisait de mentionner ma profession d'astrophysicien pour qu'immédiatement on me suggère une causerie, le soir, au clair des étoiles. J'ai été stupéfait de l'intérêt, de la passion même que ces sujets pouvaient susciter. Des gens n'ayant aucune connaissance scientifique, aucune familiarité avec l'astronomie me posaient des questions jusqu'à des heures avancées dans la nuit." Voilà le préambule de "Poussières d'étoiles" d'Hubert Reeves, célèbre astronome et vulgarisateur, dans les années 1980, de l'astronomie. Aujourd'hui, elle se nomme astrophysique, et n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était.

Pluton, autrefois 9e planète du système solaire, a été rabaissée au rang de planète naine ; les astéroïdes en tant que tels n'existent plus ; l'imagerie permet d'en savoir un peu plus sur le "Big Bang"... Astrophysicien est un métier sans cesse en mutation et qui nécessite de nombreux déplacements !

Un métier qui bouge

Car il faut aimer voyager pour exercer cette profession ! En effet, les télescopes du monde entier leur sont ouverts. Il n'est pas rare d'effectuer des voyages, voire de déménager quelques années sur un site spectaculaire, les télescopes étant situés sur les hauteurs, comme au Chili, à Hawaï, aux Canaries... Et, bien évidemment, parler anglais devient primordial ! Car c'est une profession où l'on travaille en équipe, tant avec des personnes de sa spécialité qu'avec d'autres scientifiques issus de secteurs et de pays différents.

Enfin, petit inconvénient, il arrive souvent qu'il faille travailler de nuit, le ciel étant particulièrement pur à ce moment-là. Une grande partie du travail de l'astrophysicien est en effet d'observer la voûte céleste, afin d'analyser les mouvements qui s'y produisent. Mais il n'a pas constamment la tête dans les étoiles et, plus qu'un simple observateur, c'est un fin analyste !

De multiples spécialisations

L'astrophysicien est évidemment passionné par l'Univers en général, mais son domaine d'études est plutôt restreint. Il existe des spécialistes des astéroïdes, d'autres qui ne s'occupent que des planètes, des experts des étoiles...

Certains ne s'occupent que de répondre à des questions bien précises : qu'est ce que la matière noire ? Y a-t-il des formes différentes de vie dans l'univers ? D'autres, comme le célèbre Hubert Reeves, se sont lancés dans la vulgarisation, par le biais de conférences.

De nombreux astrophysiciens, chercheurs dans des laboratoires ou des institutions, sont également enseignants à l'université. Enfin, certains sont particulièrement utiles pour leurs confrères, puisqu'ils ont la mission de créer de nouveaux outils de calcul ou de nouveaux moyens d'observation.

Formation

Il faut faire de longues études pour devenir astrophysicien ! Il est tout d'abord essentiel de passer un bac S. Mais l'orientation ne s'effectue réellement qu'à partir du master, où l'étudiant peut se spécialiser en sciences, mention "physique fondamentale et appliquée, spécialité astronomie, astrophysique", à Orsay par exemple. Il existe également, à l'Observatoire de Paris-Meudon, un master "astronomie, astrophysique et ingénierie spatiale". D’autres masters sont aussi proposés dans quelques universités en province.

Une fois le master en poche, il faut effectuer un travail original de recherche (une thèse de doctorat), dans un délai de trois ans, qui validera - une fois la thèse soutenue - le diplôme de doctorat. Mais de nombreuses autres voies mènent à l'astrophysique : Normal Sup ou Centrale après une classe prépa ou une école d'ingénieurs,...

A noter qu'il peut s'avérer judicieux d'effectuer une ou plusieurs années d'études à l'étranger : cela permet de consolider ses acquis en langues étrangères, en anglais notamment.

Enfin, il y a fort peu d'élus... Contrairement aux études de médecine, la sélection se fait une fois le doctorat en poche. En France, on recense environ 700 astrophysiciens. Le CNRS, les observatoires et les universités embauchent chaque année une petite dizaine de chercheurs. Les autres évoluent dans des laboratoires privés.

Dernière mise à jour : 26 mars 2015