Présentation

Evaluer les risques pour l’assuré et l’entreprise, c’est l’une des missions de l’actuaire. Rigoureux et organisé, ce scientifique doit parfaitement maîtriser les mathématiques et l’informatique pour minimiser les pertes de sa société.

Un mathématicien dans l'âme

Cadre dans la bancassurance, un actuaire s'appuie sur des innovations statistiques et les dernières tendances de modélisation économique, en maîtrisant parfaitement les outils informatiques. Ce professionnel du chiffre va ainsi analyser la table de mortalité des Français, en vue de déterminer le montant de la prime payée par l'assureur en cas de décès de l'un de ses souscripteurs.

Véritable virtuose des statistiques, l'actuaire est chargé de gérer le risque, non pas en l'annihilant, car le risque zéro n'existe pas, mais en l'anticipant pour en limiter les impacts.

Chiffres et outils informatiques de calcul n'ont aucun secret pour l'actuaire. Toujours en éveil, il reste à l'affût des dernières innovations statistiques mais aussi des informations plus générales. Il garde ainsi un regard lucide sur le marché et observe en tout état de cause l'évolution de ses concurrents. Il développe également un excellent esprit de synthèse et sait faire preuve d'un réel sens créatif : un équilibre parfait pour dégager les solutions adaptées à chaque problème posé.

Garant de la solvabilité des compagnies

Une mauvaise anticipation de l'avenir peut engendrer des pertes importantes pour une compagnie d'assurances. L'actuaire doit donc faire preuve d'une certaine sagesse et savoir se détacher des effets de mode et des formules marketing gadgets pour se concentrer sur les tendances lourdes de la société.

« Je ne réalise pas des prophéties, mais des prévisions, précise Mohamed, actuaire. Pour mes calculs, je m'appuie sur l'expertise d'autres professionnels : des démographes pour les retraites, des médecins pour la santé, des ingénieurs pour les constructions... Je dois suivre une démarche rigoureuse parce que ces estimations affectent la solvabilité de mon entreprise.»

Créativité et innovation

La force de l'actuaire réside dans sa capacité d'innovation. « Il faut savoir être créatif dans la gestion du risque, s'enthousiasme Mohamed. En automobile par exemple, nous avons mis au point une gamme de produits en fonction de la typologie des populations et de leurs comportements. » 

Pour identifier et répondre aux nouveaux besoins, l'actuaire inscrit son travail dans la transversalité. Longtemps cloisonné dans son bureau, ce professionnel des chiffres collabore désormais étroitement avec les services marketing, commerciaux et juridiques. Le dialogue avec le réseau est très important. Pour toute nouvelle idée, la rentabilité mathématique ne suffit pas. L'avis du personnel du terrain est également primordial. Grâce à eux, les actuaires sont aussi à l'écoute des clients.

Des débouchés nombreux et des salaires attractifs

L'institut des actuaires, l'organisme professionnel des actuaires, reconnaît plus d'une dizaine de formations à ce métier. Certaines en institut, d'autres au sein d'universités. Quelle que soit la formation retenue, les diplômés ne connaissent pas la crise. « On compte entre 200 et 300 nouveaux actuaires par an, alors qu'il en faudrait au moins le double, que ce soit dans les sociétés d'assurance, les mutuelles, les instituts de prévoyance, les banques...», précise Christophe Eberlé.

Du coup, il est possible d'occuper par la suite des responsabilités de management, ou d'évoluer vers des missions plus larges au sein de direction financière ou commerciale. A noter, enfin, que ce métier est, depuis quelques années, majoritairement féminin.

Formation

Comment devenir actuaire ?

Ce scientifique a généralement un niveau bac +5. L'accès à la profession est ouvert aux diplômés de bac S ou ES ayant suivi des études supérieures en mathématiques, économétrie, statistiques, informatique ou finance. 

Après le bac

Le BTS Assurance et le DUT Carrières juridiques, accessibles après un bac STG, ES, S, voire L, permettent d’accéder à des postes de technicien en actuariat au terme de deux ans d’études.

Après un bac+2

Une licence pro dans le domaine de l’actuariat complète un premier cycle en sciences économiques, droit, administration des entreprises (AES), mathématiques appliquées (MASS), assurance, voire une prépa scientifique pour certaines.

Après un bac+3

Les futurs actuaires peuvent ensuite poursuivre leur cursus en master : actuariat et gestion du risque, ingénierie mathématique, informatique et statistique... Les étudiants peuvent également entrer en école d’ingénieurs (bac +5). Certaines d’entre elles ouvrent leurs portes aux bacheliers quand d’autres exigent un niveau bac +2. Les étudiants doivent alors passer par une prépa avant d’entrer dans ces établissements.

Certaines formations diplômantes permettent enfin d'obtenir le titre de membre associé à l'institut des actuaires, organisme qui règlemente la profession. Celles-ci s'effectuent pour la plupart dans des écoles spécialisées, des universités voire des grandes écoles de commerce. Car, l'actuaire doit non seulement maîtriser l'environnement financier, mais aussi les aspects juridiques, comptables, fiscaux et surtout commerciaux dans lesquels se situe son intervention. 

En chiffres

3 000

Un actuaire débutant gagne 3 000 € bruts par mois.

Témoignage

Anne-Laure, actuaire : "Un poste facilement expatriable"

Comme j’aimais les mathématiques, et plus particulièrement les statistiques, je me suis orientée vers l’Institut de Statistique de l'Université de Paris (ISUP), où j’ai obtenu mon diplôme d’actuaire au bout de 3 ans. J’ai tout de suite été embauchée à un poste d’actuaire tarification dans une grande entreprise. Au quotidien, je suis toutes les étapes de création des contrats et travaille en étroite collaboration avec différents services, qu'ils soient juridique, marketing ou commercial.

C’est un métier technique où l’on échange beaucoup, contrairement à l'image que l'on peut se faire de l’actuaire seul devant son ordinateur et ses logiciels statistiques. Mon poste a également cela d’enrichissant, qu’il est facilement expatriable. Je travaille en effet dans un contexte international qui m’offre une réelle opportunité de mobilité. Je suis notamment amenée à voyager au Royaume-Uni, pour rencontrer les collaborateurs présents sur place. Je peux tout à fait envisager de partir travailler à l’autre bout du monde.