D’après les experts de l’industrie du tourisme, les milléniales préfèrent investir dans des expériences plutôt que dans l’immobilier.

« L’urgence d’acheter une maison est devenue obsolète. Les jeunes préfèrent plutôt vivre le moment présent », affirme Donna Jeavons, directrice des ventes et du marketing auprès de l’agence de voyage Contiki, au journal britannique The Independant

Les milléniales n’en feraient-ils qu’à leur tête ? Seraient-ils devenus des dépensiers compulsifs ? Rien de tout ça. Selon les experts de l’industrie du tourisme, les milléniales auraient simplement décidé d’investir… dans leurs loisirs, et notamment les voyages. La belle maison, le grand jardin et les enfants, ce sera pour plus tard. Place à l’aventure.

L’immobilier encore inabordable

Si l’immobilier n’attire pas les jeunes, c’est avant tout une question de budget. Qu’ils soient étudiants ou jeunes travailleurs, les milléniales n’ont pas assez d’argent pour s’offrir l’appartement ou la maison de leur rêve. Et ils n’ont pas l’intention d’épargner davantage pour y parvenir. 

« L’acquisition d’un bien étant inaccessible à beaucoup de jeunes gens, cet argent est investi dans davantage d’expérience de voyage et de meilleure qualité », explique Chris Townson, directeur de l’industrie touristique U by Uniworld.

Quand le voyage devient indispensable

« Le voyage est devenu une nécessité chez les milléniales. Ils mettent de l’argent de côté pour ça et intègrent ce budget à leur vie », détaille Brian Young, directeur du tour-opérateur G Adventures. Une nécessité qui pousse 46 % des étudiants à travailler en parallèle de leurs études, selon une étude de l'Observatoire national de la vie étudiante. Les trois quarts d’entre eux estiment que cela leur permet d’améliorer leur niveau de vie, et donc de voyager.

En plus des jobs étudiants, des bourses Erasmus sont proposées aux jeunes qui souhaitent étudier à l’étranger. Actuellement, ces aides financières varient entre 150 € et 500 € selon la destination. Elles devraient d’ailleurs augmenter, en 2018, de 30 € à 70 € pour encourager encore plus d’étudiants à partir.

Nouvelle génération, nouveau mode de dépense

Et si les milléniales ont la bougeotte, ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont pas économes. « Ils cherchent à voyager et font des économies en même temps, même si c’est une plus petite somme. Ils choisissent juste de dépenser leurs économies d’une différente manière que les générations précédentes », constate Donna Jeavons.

Les agences de voyages et les sociétés de transport font d’ailleurs tout pour séduire cette nouvelle génération. Comme le montre la nouvelle compagnie d’Air France, Joon, qui propose de voyager dans quatre grandes villes européennes, et bientôt au Brésil et aux Seychelles, à des prix très réduits. D’après un classement réalisé par le magazine Forbes, les petits budgets peuvent même aller bien au-delà de l’Europe. Parmi les villes accessibles, on peut citer Montréal (Canada), Xi’an (Chine) ou Houston (Etats-Unis).