Après l'évacuation violente des étudiants et la démission du doyen de la fac de droit, l'université de Montpellier restera fermée toute la semaine.

Trois jours après l’évacuation violente des étudiants de l’université de Montpellier, la situation reste tendue. Suite à la manifestation nationale du jeudi 22 mars contre la sélection à l’entrée à l’université, une cinquantaine d’étudiants de la fac de droit ont voté l’occupation nocturne de l’amphithéâtre. Mais dans la nuit, une dizaine d’individus armés et cagoulés sont intervenus violemment pour déloger les occupants. Plusieurs étudiants ont été hospitalisés. Accusé d’être à l’origine de cette intervention, le doyen de la fac de droit et de sciences politiques, Philippe Pétel, a préféré démissionner.

Le doyen en cause, selon les étudiants

En effet, plusieurs étudiants ont affirmé avoir aperçu le doyen ouvrir les portes aux délogeurs. Interrogé par France 3 et le Point, Philippe Pétel nie en bloc : « J’ai demandé l’intervention des forces de l’ordre, ce que ne m’a pas accordé la préfecture », « les étudiants (individus cagoulés) ont voulu se défendre. Je ne peux pas les en blâmer. »

Dès vendredi, près de 500 étudiants et montpelliérains se sont rassemblés devant l’université pour demander la démission du doyen. Le lendemain, dans un communiqué, l’université a confirmé la démission de Philippe Pétel, remplacé provisoirement par le vice-président de l’université, Bruno Fabre.

L'université fermée jusqu'à nouvel ordre

Néanmoins, la situation est restée tendue tout le week-end. Dimanche 25 mars, de violentes altercations se sont déroulées devant la préfecture de l’Hérault entre des militants de la ligue des droits de l’Homme, des étudiants et des communistes, d’un côté, et des militants identitaires de la Ligue du Midi, de l’autre.

Lundi matin, deux groupes d’étudiants, accompagnés d’enseignants, se sont rassemblés devant la fac, les uns pour mettre fin au blocage de l’université, les autres pour que les agresseurs soient sanctionnés. 

Un message entendu par le président de l’université de Montpellier, Philippe Augé, qui a préféré fermer la fac ce lundi 26 mars « afin d’éviter tout risque d’altercations ou de débordement et de permettre un retour rapide à une situation apaisée ». Après avoir reçu une dizaine d’étudiants dans la matinée, il a également annoncé la fermeture administrative de l’établissement « jusqu’aux premiers éléments solides de l’enquête » concernant les agresseurs. Il espère une réouverture « avant la fin de la semaine ». Une cellule psychologique doit aussi être mise en place pour recevoir les étudiants.

Deux enquêtes en cours

En attendant, deux enquêtes sont actuellement en cours. Dès vendredi, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal a lancé une enquête administrative, « suite aux conclusions, des poursuites judiciaires pourront être engagées », a-t-elle prévenue. Le procureur de la République de Montpellier a quant à lui annoncé l’ouverture d’une enquête « pour des faits de violence en réunion et avec arme ». Il a aussi précisé à l’AFP que l’enquête « visait également l’intrusion ».
 
De leurs côtés, les syndicats étudiants comme l’Unef et la Fage ont immédiatement réagi pour dénoncer ces actes de violences et appeler au calme. « Bien qu’opposée aux différents mouvements de blocage, (la Fage) s’indigne qu’une telle barbarie puisse voir le jour dans un établissement d’enseignement supérieur », a expliqué l’association dans un communiqué. L’Unef a quant à elle prévue une nouvelle manifestation nationale le 3 avril contre le Plan étudiants.