A 27 ans, Thomas Houdayer s'est lancé dans sa première expérience à l'étranger : un Volontariat International en Entreprise (VIE). Basé à Chicago, il est chargé de la mise en place du business international d'une coopérative viticole bordelaise. Orientations lui a posé trois questions.

Pourquoi avoir opté pour un Volontariat International en Entreprise (VIE) ?

Le VIE, aujourd'hui, est la seule étape qui permet de commencer une carrière à l'étranger. C'est un peu comme l'alternance en France. C'est une mission dédiée aux jeunes ayant une première expérience significative et considérée comme un emploi à temps plein. Auparavant j'avais fait beaucoup de demandes, sans résultat. Puis j'ai passé une année de césure en Afrique du Sud qui m'a aidé à décrocher un VIE. J'ai répondu à une offre sur le site de Civiweb (Centre d'Information sur le Volontariat International, NDLR), dans le milieu du vin. C'est un contrat en or, soumis aux lois françaises. L'employeur ne paie que le salaire net, la rémunération est très correcte et je ne paie pas d'impôts.

Le VIE n'est pas que du travail, c'est une expérience humaine. A Chicago, je connais d'autres jeunes en VIE, on organise souvent des afterworks. J'ai également des amis américains à travers le rugby que je pratique en club.

En quoi consiste ton job aux Etats-Unis ?

Depuis avril 2015, je représente deux coopératives du vin, l'une dans le Bordelais et l'autre dans le Roussillon. Je suis en charge de leur première phase de développement aux Etats-Unis. Je développe le premier circuit de distribution : je rencontre les importateurs et les distributeurs, je forme aussi les commerciaux à nos vins. Je suis basé à Chicago parce que c'est central et que la ville fait partie du Top 5 des marchés pour les vins importés, mais je voyage aussi dans les autres états. Je suis seul sur place, mon directeur des exports est basé à Bordeaux. Ce n'est pas facile de se motiver tous les jours, mais 'est très formateur : je gagne beaucoup en autonomie. De plus être seul forge le caractère, développe le réseau, et bien sûr renforce la connaissance de la langue et de la culture du pays.

Quels sont tes projets à la fin de ton contrat ?

A la fin de leurs contrats, 70 % des VIE restent en poste dans la même société. La durée d'un VIE est de six mois à deux ans, sauf aux Etats-Unis où, pour des questions de visa, elle est limitée à 18 mois maximum. Je termine fin septembre 2016, et mon objectif est de poursuivre mon travail aux Etats-Unis avec la même entreprise. Je devrais alors changer de statut. L'entreprise pourrait aussi décider d'embaucher un nouveau VIE, mais avec mon expérience du terrain et le réseau que j'ai développé ici, c'est bien sûr préférable que je reste en poste.