Alors que 87 000 candidats sont toujours sans affectation après la troisième phase d’APB, la ministre de l’enseignement supérieur a réaffirmé son intention de mettre fin au tirage au sort.

APB est au cœur de l’actualité. Après l’ouverture de la troisième phase d’admission a débuté, vendredi 14 juillet, 86 969 candidats sont toujours sans proposition, selon les statistiques communiquées par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. 

84,3 % de taux de satisfaction

La situation n’est pas nouvelle. On pourrait même dire qu’elle s’est légèrement améliorée. L’an dernier, plus de 90 000 candidats étaient dans le même cas, pour un taux de satisfaction des candidats était de 81,2 %. En 2017, avec 541 204 candidats sur 808 740 ayant reçu une proposition d’admission, il est cette fois de 84,3 %

Mais là où la plate-forme ne progresse pas, c’est en ce qui concerne l’attribution des immanquables. Parmi les candidats ayant exprimé un vœu 1 absolu dans une licence non-sélective de leur secteur, c’est-à-dire une formation qui devrait être acceptée d’office, 9 726 sont encore en attente de proposition. Ils étaient 26 000 à l’issue de la première phase d’amission, 17 000 après le deuxième tour. 

40 000 étudiants de plus chaque année

Au total, 92 filières universitaires ont eu recours au tirage au sort pour cette troisième et dernière phase, contre 78 au même stade en 2016. Les universités ne sont pas préparées à l’apport massif de nouveaux étudiants observé ces dernières années. Les enfants du baby-boom de la fin des années 1990 et du débat des années 2000 ont désormais l’âge de commencer leurs études, augmentant les effectifs d’environ 40 000 chaque année.

APB : « Un énorme gâchis »

Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, reconnaît que la situation est problématique. « On a trop tardé, on est face aujourd’hui à une situation injuste et qui n’a aucun sens », a-t-elle déclaré ce matin sur France Inter, ajoutant qu’APB était « un énorme gâchis ».

Comme annoncé précédemment, la ministre a confirmé sa volonté de mettre fin au tirage au sort. « C’est fini en 2018, je m’y suis engagée. Le tirage au sort fait que des étudiants qui auraient toutes les chances dans une filière n’y ont pas accès. » 

Concertation en cours pour la mise en place de prérequis

Ce lundi après-midi, une concertation rassemblant les acteurs de l’enseignement supérieur (syndicats étudiants, présidents d’université, associations de parents d’élèves…) a débuté afin de préparer la mise en place de prérequis avant l’entrée à la fac. Objectif : réduire le taux d’échec en licence, mieux orienter les jeunes et supprimer le tirage au sort.

200 000 places accessibles en procédure complémentaire

En attendant, Frédérique Vidal rappelle que la procédure complémentaire est déjà ouverte. « Il reste 200 000 places disponibles dans l’enseignement supérieur et cette fois-ci les étudiants vont avoir à se positionner sur des places dont on sait qu’elles sont libres », a-t-elle expliqué. 

Pas sûr pour autant que ça contente les 87 000 candidats en attente de proposition. En 2016, 33 300 bacheliers n’avaient pas obtenu de proposition après la procédure complémentaire, dont seulement 650 bacheliers généraux, et une grande majorité de bacheliers technologiques (8 500) et professionnels (24 200).