Une étude du cabinet EY, menée en partenariat avec le réseau social LinkedIn, annonce une véritable "révolution" de nombreux métiers dans les prochaines années. Elle met également en avant une montée en puissance de l'entrepreneuriat.

Attention : nous nous dirigeons vers une très vaste évolution concernant de très nombreuses professions. Le cabinet EY (ex-Ernst & Young) vient en effet de publier une étude* intitulée "La Révolution des métiers", réalisée en partenariat avec le réseau social professionnel LinkedIn. Il en ressort notamment que, dans un contexte où les entreprises se doivent de repenser l'organisation du travail et les modes de management, 90 % des dirigeants affirment que les métiers au sein de leur entreprise vont évoluer au cours des cinq prochaines années.

Les secteurs les plus impactés devraient être ceux de l'informatique et du digital, selon la moitié des dirigeants interrogés. "Les compétences liées au numérique et aux nouvelles technologies sont considérées comme les plus importantes pour l'avenir, car elles sont citées par 35 % des dirigeants, juste devant celles relatives à la relation client (33 %) et à l'innovation (32 %). Ce 'trio' de compétences est devenu absolument central pour réussir à concevoir une expérience client mémorable", explique Eric Mouchous, associé responsable de l'activité Conseil chez EY.

La formation, priorité pour adapter les compétences

Près de 40 % des dirigeants pensent également qu'un quart de leurs équipes auront un nouveau métier dans les cinq prochaines années. Et 31 % d'entre eux estiment que cela va toucher avant tout les métiers les moins qualifiés. Un phénomène qui préoccupe davantage les pays émergent que les pays matures : 73 % des Chinois contre 25 % des Allemands par exemple. La France est, elle, particulièrement pessimiste puisque 66 % des dirigeants estiment l'évolution des métiers difficile à mettre en œuvre...

Par ailleurs, la détection et la rétention des compétences est l'une des principales difficultés rencontrées. 48 % des dirigeants déclarent ainsi manquer des compétences nécessaires au développement de leur entreprise (70 % des dirigeants français). La formation est citée par l'ensemble des dirigeants interrogés comme la priorité pour adapter les compétences partout dans le monde. Et, pour 54 % d'entre eux, elle est perçue comme un levier prioritaire, notamment dans les pays émergents (63 %).

Une montée en puissance de l'entrepreneuriat

Autre fait marquant révélé par cette étude : une véritable montée en puissance de l'entrepreneuriat. "Entrepreneur" est en effet le premier intitulé de fonction dans le réseau social Linkedin, et les intitulés de fonction ayant trait à l'entrepreneuriat sont parmi ceux qui connaissent la plus forte progression dans les pays occidentaux : France (+14 %), Royaume-Uni (+10 %), Etats-Unis (+6 %) et Allemagne (+5 %).

"On observe le développement des emplois commerciaux et marketing, ainsi que les métiers du social et de la santé, signe d'une économie de plus en plus tournée vers les services et de l'émergence du modèle "3C" : Client, Collaborateur, Candidat. Il faut également noter le recul des postes dédiés à l'IT, à la gestion de projets, aux achats, et la montée en puissance de l'entrepreneuriat. Dans ce contexte, il est indispensable de redéfinir la relation entre employeurs et employés, à savoir mieux spécifier les missions des salariés, motiver autour d'un objectif partagé, favoriser les réseaux et la collaboration au sein et à l'extérieur de l'organisation et enfin, aplanir l'organisation, cultiver l'agilité et l'innovation", analyse Laurence Bret-Stern, Marketing Director, EMEA LinkedIn Talent Solutions.

*Pour réaliser cette étude, EY a analysé un échantillon représentatif des profils des membres du réseau LinkedIn dans 7 pays : France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Chine, Brésil et Inde. Une enquête a par ailleurs été menée pour EY par l'institut CSA dans ces mêmes pays, en vue de comprendre les attentes et perceptions des entreprises face à l'évolution des métiers, compétences et modes de travail. 7 000 offres d'emploi ont également été analysées, dans douze secteurs d'activité.