Najat Vallaud-Belkacem souhaite réformer le master à la prochaine rentrée. L'idée : favoriser la poursuite d'études après la licence, et recruter les étudiants à l'entrée du master, non plus entre la 1e et la 2e année.

Ce sera l'un de ses derniers gros chantiers. Najat Vallaud-Belkacem entend réformer le master pour « la rentrée 2017 ». « L'idée est de finaliser une proposition courant octobre », a annoncé la ministre de l'éducation nationale ce lundi 12 septembre, dans un entretien aux Echos. La proposition sera « soumise à la communauté universitaire », avant, en cas d'accord, d' « enclencher en novembre le processus juridique – avec une loi et un décret - pour que la réforme se mette en œuvre à la rentrée 2017 ».

Recrutement en M1, pas en M2

Au coeur de cette réforme : le recrutement en master. Celui-ci s'effectuera à l'entrée de la première année, afin de supprimer la sélection qui s'opère entre M1 et M2. « Entamer un cursus pour se heurter à une barrière au milieu, c'est incohérent et ce n'est pas acceptable pour les étudiants », estime la Najat Vallaud-Belkacem. Son ministère va donc s'associer aux acteurs du supérieur pour construire des « critères objectifs, transparents, fondés sur la motivation, le niveau pédagogique et le projet de l'étudiant », applicables dès la première année de master.

Une forme de sélection déguisée ? Pas du tout, se défend la ministre, qui voit dans cet ensemble de critère « une orientation maîtrisée qui soit dans l'intérêt de tous, d'abord des étudiants pour leur donner le maximum de chances de réussir, et ensuite évidemment du fonctionnement des universités ».

Cela permettrait aussi de redonner du sens au dispositif LMD (Licence - Master - Doctorat). Depuis la réforme des cycles universitaires en 2002, le master représente en effet une formation de deux ans à partir de bac+3. Il remplace entre autres les DEA et DESS, pour lesquels une sélection s'opérait à bac+4. Sélection qui « a été conservée », constate la ministre, entre les premières et deuxièmes années de master. En mai, le gouvernement avait publié un décret, présenté comme « solution temporaire », autorisant 40 % des formations de master 2 à sélectionner leurs étudiants.

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Objectif : 25 % de masters par génération

Par ailleurs, considérant que la licence « ne suffit pas à s'insérer dans le monde professionnel », la ministre de l'éducation national compte favoriser la poursuite d'études. « Tout titulaire d'une licence doit se voir proposer une poursuite d'études en master s'il le souhaite », clâme-t-elle.

Généraliser l'entrée en master, tout en « recrutant » les étudiants ? « Pour la première fois, j'ai le sentiment qu'on peut arriver à ternir ces deux bouts-là qui ont généralement été présentés comme contradictoires. » Des discussions à ce sujet sont en cours « depuis plusieurs mois » avec « tous les acteurs de la communauté universitaire ». L'objectif affiché par l'exécutif : « diplômer 25 % d'une génération au niveau master, dans l'intérêt du pays », contre « 16 % aujourd'hui ».