Les étudiants seront bientôt rattachés au régime général de la sécurité sociale. Une décision du gouvernement qui fait bondir les mutuelles étudiantes et l’Unef.

C’était inscrit dans le programme présidentiel du candidat Emmanuel Macron : les étudiants seront rattachés au régime général de la sécurité sociale. Cette décision a été annoncé par le Premier ministre lundi 30 octobre, lors de la présentation du « Plan étudiants ».

Une cotisation générale pour santé, bien-être sport et culture

Ce sont les nouveaux entrants dans l’enseignement supérieur qui seront les premiers concernés, en 2018. Ce cas sera généralisé à tous les étudiants en 2019. En conséquence, la cotisation à la sécurité sociale des étudiants (217 € cette année) sera supprimée, ce qui permettra de « redonner du pouvoir d’achat aux étudiants », assure le premier ministre. 

A la place, une cotisation  « vie étudiante » sera mise en place. Pour environ 100 euros par an, elle regroupera la couverture de droit à la médecine préventive, la contribution des Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) et les cotisations aux activités sportives et culturelles dans les universités.

Réactions vives des mutuelles

La nouvelle n’est pas restée sans réaction. Dès lundi, la LMDE a dénoncé « une réforme précipitée et sans ambition politique ». En réponse au gouvernement, qui « souhaite un pilotage spécifique dont les étudiants seront les premiers acteurs », elle rappelle que « c’est déjà le cas des mutuelles étudiantes, entièrement administrées par les étudiants ». 

Pour la LMDE, non seulement cette annonce « ne constitue par en l’état une simplification du système », mais serait même « un grave recul en matière d’autonomie ». 

Du côté de la Smerep (mutuelle du réseau Emevia), son président Hadrien Le Roux assure à Studyrama qu’ « aucune urgence n’existait ». Il rappelle que  « le régime étudiant a déjà été réformé il y a deux ans » et voit dans cette réforme « une précipitation à la fois incompréhensible et dangereuse ».

Stratégie politique ?

Pour Ahmed Hegazy, président d’Emevia, cette décision relèverait carrément d’une manœuvre politique. Au Monde, il déclare que « le gouvernement fait un cadeau à la Fage, qui veut la mort de la LMDE où l’Unef est puissante. Nous sommes les victimes collatérales d’une bataille qui ne nous concerne pas. »

L’Unef, justement est également vent debout contre ce rattachement des étudiants au régime général, demandé par la Fage. « Il est facile d’accuser le régime étudiant de difficultés de santé largement causées par les réformes des gouvernements successifs », regrette-t-elle.

Pour le moment, les mutuelles étudiantes ne devraient pas disparaître définitivement, puisque leur activité de complémentaire et leurs actions de prévention seront encore possibles.