A l'occasion des Assises de l'entrepreneuriat, qui se sont tenues le 29 avril, le président de la République, François Hollande, est revenu sur le thème de l'entrepreneuriat à l'école. Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées, mais l'idée fait grincer des dents du côté des professeurs...

Introduire davantage l'entreprise à l'école : c'est ce que souhaite faire le gouvernement dans les prochains mois. François Hollande, à l'occasion des dernières Assises de l'entrepreneuriat, l'a d'ailleurs rappelé : l'enjeu est de faire aimer l'entreprise aux élèves du secondaire et du supérieur. Ce projet se matérialiserait par l'introduction de cours sur "l'esprit d'initiative et l'innovation", de la Sixième à la Terminale, ainsi que dans  l'enseignement supérieur.

Mise en place d'un dispositif "entrepreneur étudiant"

Autre piste lancée lors des Assises : la mise en place d'un dispositif "entrepreneur étudiant", qui permettra aux jeunes diplômés ayant créé leur entreprise de conserver leur statut d'étudiant, notamment en ce qui concerne la Sécurité Sociale. Et les étudiants étrangers ne sont pas en reste, puisqu'ils bénéficieraient d'un "visa entrepreneur".

La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fiaroso, a également émis l'idée d' "intégrer dans la procédure d'accréditation des établissements des objectifs en matière de développement de l'entreprenariat dans la politique des établissements, en s'appuyant sur les pôles Etudiants Entreprenariat Innovation".

Une idée qui ne fait pas l'unanimité

Si le gouvernement est enthousiaste, l'idée n'est pas partagée par tout le monde, en particulier chez les professeurs. "Si François Hollande veut se mettre les enseignants à dos, c'est réussi", tonne Philippe Watrelot, président du Crap-Cahiers pédagogiques, interrogé par L'Express.fr. Pour cet enseignant de sciences économiques, le gouvernement est en train de créer un phénomène d'accumulation des cours "secondaires", en oubliant de se pencher sur les manques réels de l'enseignement, à savoir l'apprentissage des fondamentaux.

Par ailleurs, un projet similaire existe déjà plus ou moins. En effet, l'association Entreprendre pour Apprendre France, fédération nationale de d'associations régionale, permet aux élèves du secondaire et du supérieur d'être initiés à l'entreprise. Dans ce cadre, les jeunes peuvent créer des mini-entreprises et participer à l'élaboration d'un produit, de sa conception au plan marketing.