Le syndicat étudiant condamne et dénonce les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les adhérentes.

Depuis plusieurs mois, des milliers de femmes dénoncent les violences sexistes et sexuelles dont elles sont victimes, sur les réseaux sociaux, grâce aux hashtags #balancetonporc et #metoo. La semaine dernière, le syndicat des internes a également publié une enquête sur le harcèlement à l’hôpital

L’Unef (union nationale des étudiants de France), deuxième syndicat étudiant de France, n’est pas épargnée. « Combien de fois nous a-t-on demandé les numéros de téléphone de jeunes camarades ? Combien de fois avons-nous refusé ? », s’indignent 83 victimes et anciennes adhérentes de l’Unef. Mardi, elles ont publié une tribune dans le journal Le Monde pour libérer la parole.

Une organisation sexiste

Tout a commencé le 17 novembre dernier. Le Monde publie un article sur le syndicat étudiant, où plusieurs militantes « décrivent une organisation sexiste ». L’Unef répond immédiatement à travers un communiqué de presse pour condamner ces violences. « L’Unef soutient toutes les femmes qui ont pris la parole ou qui souhaitent le faire à l’avenir pour dénoncer des faits qui se sont produits dans le syndicat. »

D’après l’enquête du Monde, ces comportements sexistes remonteraient aux années 1980. Et se seraient amplifiés dans les années 2000. « Cette libération de la parole doit permettre la prise de conscience collective de l’ampleur et de la gravité des violences sexistes et sexuelles », affirme l’Unef.

Le système hiérarchique en cause

Dans leur tribune au Monde, les 83 ex-syndicalistes précisent les violences dont elles sont victimes. « Nombreux sont ceux qui vantaient la toute puissance qu’ils exerçaient sur leur partenaire, se gaussant de pratiques dégradantes dans le but de briller devant leurs congénères et d’accentuer toujours un peu plus le mal-être de leur auditoire féminin. »

Selon elles, les principaux responsables sont les dirigeants de l’Unef : « le fonctionnement pyramidal extrêmement hiérarchisé avec ascension par cooptation » favorise leur emprise sur les adhérentes. Celles-ci affirment que certaines agressions sexuelles allaient même jusqu’au viol, sur « des proies parfois très jeunes ». Pour lutter contre ce sexisme, l’Unef dresse un bilan statistique régulier sur l’accession des femmes aux postes de responsabilité.

Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef et première femme à occuper ce poste en seize ans a également réagi : « Je réitère mon soutien aux femmes prenant la parole (…). Je condamne toutes ces violences en tant que telles, quelle que soit la forme : sexisme ou agression sexuelle. »

Une vigilance permanente

L’organisation tente également de trouver d’autres solutions. Dans son communiqué, elle précise que « les femmes ont la possibilité de se réunir dans des cadres non-mixtes afin de pouvoir librement parler des violences ». Elle compte aussi sur la présence de « personnes de confiance pour faire remonter des cas de violences ou d’agressions ». 

Des formations d’auto-défense verbales et une vidéo sur la notion de consentement font également partie des outils mis à disposition des adhérentes. « Cela permet de faire reculer les violences sexistes mais ces outils demeurent imparfaits et ne seront jamais infaillibles », déplore l’Unef. 

La présidente du syndicat étudiant a également assuré que ces agresseurs étaient exclus temporairement ou définitivement de l’Unef. « Notre vigilance se doit d’être permanente, car dès que nous relâchons notre attention, c’est la bataille de l’égalité qui recule ».