C'est un secret lourdement gardé : le fonctionnement de l'algorithme d'APB. Doutant de la légalité des sélections, une association lycéenne a écrit au directeur du programme pour demander de rendre public cet algorithme et ses critères de sélection.

Le secret qui règne autour d'APB agace les élèves. L'association Droits des lycéens vient de demander « à l'administration en charge d'APB » de lever le voile l'algorithme de la plateforme. 

Une part de tirage au sort, une autre de secret

Dans un communiqué, l'association rappelle le processus de sélection : « Lorsqu'une licence L1 reçoit davantage de candidatures que de places disponibles, un choix qui n'est pas basé sur le niveau scolaire est effectué par le logiciel de la plateforme APB. » Or, « l'algorithme allie des critères tenus secrets et un tirage au sort ». 

« Si l'on se fie à ce que dit le ministère, l'algorithme ne prend pas en compte la situation familiale du candidat, et prend en compte, dans certains cas, l'académie dans laquelle le candidat a passé le bac, et non l'académie de résidence, a expliqué Clément Baillon, président de Droits des lycéens, à Diplomeo. C'est illégal puisque le Code de l'éducation précise bien que les inscriptions doivent être prononcées en fonction du domicile ». L'étudiant donne un exemple concret : « Des personnes qui habitent Nanterre peuvent être plus proches d'une université parisienne que d'une fac située dans les Yvelines. Pourtant, ils ne seront pas prioritaires pour Paris. »

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Et si APB était en partie illégale ?

Le 7 mars dernier, par le biais de son avocat, l'association a ainsi demandé au directeur du service APB de lui « communiquer les documents en [sa] possession portant sur le fonctionnement de la plateforme APB ». Ce que Droits des lycéens veut parrticulièrement mettre à jour concerne « les critères pris en compte par l'algorithme », le « fondement légal » sur lequel « s'appuie cet algorithme » ainsi que « les textes ou instructions [qui] l'encadrent ». Enfin, Clément Baillon et son équipe souhaitent savoir si « les critères de sélection sont uniformes nationalement ».

Dans sa lettre, l'avocat de l'association prévient qu'il est prêt à « saisir la Commission d'accès aux documents administratifs ».

Un tel embargo sur cet algorithme est étrange aujourd'hui. En décembre 2015, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche déclarait : « Nous allons dévoiler l'un des secrets défense les mieux gardés : l'algorithme d'APB ! » Ou pas.