Jean-Louis Borloo propose de créer une « académie des leaders » pour sortir du « caractère formaté » de l’ENA.

L’ancien ministre de l’écologie (2007-2010) vient de remettre son rapport sur les banlieues au premier ministre. Commandé par Emmanuel Macron depuis novembre dernier, le Plan banlieue compte 19 propositions sur la rénovation urbaine, la sécurité, l’emploi, la mixité mais aussi l’éducation. 

Outre la création de cités éducatives ou de campus numériques, parmi les grandes nouveautés du rapport : la création d’une « académie des leaders ». Une institution qui permettrait de concurrencer l’école nationale d’administration (Ena), dont « force est de constater (…) le caractère formaté de la formation ».

Priorité aux jeunes de quartier

En effet, l’une des priorités est de réserver l’école « dans un premier temps aux jeunes des quartiers prioritaires ». Pour cela, Jean-Louis Borloo mise sur des « talents extraordinaires (…) notamment des quartiers populaires ». L’académie devrait accueillir 500 jeunes par an « avec une parité exacte », précise le rapport. Seule condition : avoir moins de 30 ans.

Pendant toute leur scolarité, les élèves bénéficieront du statut de fonctionnaire stagiaire et d’une rémunération de 1 700 € bruts par mois. Tout comme c’est déjà le cas pour les élèves de l’ENA.

Une école sélective

Néanmoins, l’académie reste elle aussi sélective. Jean-Louis Borloo prévoit d’ores et déjà une place pour dix candidats. Avant d’intégrer l’école, ils seront soumis à des épreuves « valorisantes » : ouverture au monde, travail en équipe, capacité de raisonnement, capacité digitale et linguistique… Mais à la différence de l’ENA dont le concours s’ouvre aux diplômés de bac +3, la sélection à l’académie des leaders se fera « sans diplôme préalable ».

Un avantage non-négligeable pour les élèves qui seront ensuite formés pendant trois ans. Là encore, le principe reste le même qu’à l’ENA. Même si la formation se déroulera en accéléré puisque les élèves n’auront aucun diplôme, ils devront effectuer six mois de stage dans l’administration et six autres mois à l’étranger. 

Mais la formation ne s’arrête pas là. Une fois diplômés, ils auront l’obligation de travailler au minimum dix ans dans la fonction publique. Pendant ce temps, ils continueront à se former un mois par an en fonction de leur projet professionnel.

D’après Jean-Louis Borloo, cette académie des leaders a tout de même un coût : 60 millions d’euros par an. Emmanuel Macron devrait rendre ses premiers avis lors d’un discours fin mai-début juin.