La situation des cours de SES divise énormément les lycées, les universités et les entreprises, et les propositions de ce rapport ne devrait pas améliorer la situation.

Encore en option aujourd’hui, l’apprentissage des sciences économiques et sociales (SES) pourrait prochainement devenir obligatoire en classe de seconde. C’est en tout cas ce que préconise un rapport auprès du Conseil supérieur des programmes (CSP). 

En option pour les autres filières que ES en 1e et terminale

Mené par des experts du CSP et du Conseil national éducation économie (CNEE), cet avis estime que tous les élèves de seconde devraient être initiés aux SES pour « les amener à poser les termes de débats sociétaux auxquels l’actualité les confronte régulièrement, leur permettre de comprendre les mécanismes économiques sous-jacents et les démarches des sciences sociales », rapporte Le Monde

Ensuite, la matière serait proposée en option aux élèves de première et de terminale inscrits dans une autre filière que la ES. 

Pédagogie plus participative

Au-delà de l’universalisation de l’apprentissage, le rapport recommande également une nouvelle approche pédagogique. Trop d’économie, observent les experts, qui prônent un « rééquilibrage » avec d’avantage de sociologie et de science politique. Autre amélioration à envisager : resserrer les liens entre économie et mathématiques. 

En scrutant les programmes actuels, le CSP et le CNEE les ont estimés trop « lourds » et « encyclopédiques ». C‘est pourquoi ils recommandent un apprentissage différent, basé sur la participation : moins de cours magistraux et plus de travail de groupe, projets et débats.

Débuté en juillet 2016 sur une commande du ministère alors tenu par Najat Vallaud-Belkacem, ce rapport n’a pu être délivré que récemment en raison de plusieurs complications, notamment la démissions de cinq chefs d’entreprises du CNEE. Le monde de l’entreprise est en effet très attentif au programme que les lycéens suivent en sciences économiques et sociales, matière qui divise déjà dans la communauté éducative.

Matière clivante auprès des professionnels

Dans ce domaine, les positions divergent, rappelle Le Monde. Du côté des entreprises, on dénonce l’idéologie, trop marquée à gauche, véhiculée par ces cours, qui parlent trop des problèmes (précarité, chômage, conséquence de la mondialisation) et donnent le mauvais rôle à l’employeur. 

Du côté des universités et des économistes, ce cours se limite trop à l’apport d’une culture générale, manque de rigueur et n’approfondit pas assez les fondamentaux de l’économie. Ils recommandent un enseignement qui distingue clairement l’économie et la sociologie, là où le rapport du CSP et du CNEE considère justement que c’est déjà trop le cas. 

Enfin, les premiers concernés, par la voix de l’Association des professeurs de SES, prennent des distances face aux entreprises et aux universités, en rappelant que cette matière reste une formation de culture générale, accessible à tous les profils, et n’est pas destinée à préparer à l’enseignement supérieur. 

Si l’avis rendu par les deux instances se rapproche plus de celui des enseignants, son application n’est cependant pas garantie, et la tension autour de cette matière n’est pas certaine de s’apaiser.