Dès septembre 2018, une dizaine d’écoles formeront les soignants au diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée. Un nouveau statut qui leur permettra de devenir, dans certains cas, des substituts aux médecins.

Après le service sanitaire et la rénovation des études en soins infirmiers, les ministres de la santé, Agnès Buzyn et de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s’attaquent désormais à la formation des infirmiers en pratique avancée. Avec un nouveau diplôme, un nouveau statut et un salaire réajusté, ces professionnels sont officiellement reconnus aux yeux de la loi depuis le 19 juillet 2018. Dès la rentrée prochaine, des milliers d’étudiants pourront continuer leur formation jusqu’en master 2 afin de valider de nouvelles compétences dans le domaine médical.

Décider à la place du médecin

En effet, ces futurs diplômés seront désormais considérés comme des intermédiaires entre les infirmiers et les médecins. Jusqu’à présent, le métier d’infirmier ne pouvait pas se faire sans l’implication d’un spécialiste pour diagnostiquer et décider du traitement d’un patient. Désormais, un infirmier en pratique avancée pourra se substituer à cette tâche lorsque le médecin en donne l’autorisation.

Les infirmiers en pratique avancée verront ainsi leurs compétences élargies et pourront à la fois réaliser des examens, prescrire des médicaments et assurer le suivi de leurs patients sans l’intervention d’un médecin. Ils seront par exemple autorisés à pratiquer seuls de nouveaux actes médicaux comme les prélèvements sanguins, des branchements ou la pose de bande de contention. 

Ce nouvel exercice se fera tout de même en concertation avec l’équipe médicale. « Lorsque les limites des champs de compétences des infirmiers en pratique avancée seront atteintes, ils réadresseront leurs patients au médecin », précisent les ministres.

Une formation spécialisée de deux ans

Néanmoins, ce nouveau statut va de pair avec un nouveau diplôme d’Etat. Après avoir validé leurs trois années en Ifsi (institut de formation en soins infirmiers) ou après avoir exercé au minimum trois ans en tant qu’infirmier, les professionnels de santé pourront accéder à cette formation d’infirmier en pratique avancée. 

Dès septembre 2018, une dizaine d’universités comme celles d’Aix-Marseille, Rennes 1, Paris-Est-Créteil, Nantes, Sorbonne, Paris Descartes ou Paris Diderot, ouvriront ce nouveau cursus. Les étudiants seront formés pendant deux ans avant d’obtenir leur diplôme de grade master (bac +5).

Au cours de leur parcours, les futurs infirmiers auront la possibilité de faire six mois de stage. Ils devront aussi se spécialiser dans leur domaine de prédilection lors de leur deuxième année, soit en pathologies chroniques stabilisées, en oncologie ou en maladies rénales. Une mention importante puisqu’elle déterminera le service dans lequel les infirmiers pourront exercer à la sortie de l’université.