L'université Lumière Lyon 2 a réalisé une enquête intitulée « conditions de vie » auprès des étudiants ayant fréquenté ses campus en 2014/2015. L'étude révèle que 41,2 % des étudiants qui exercent une activité rémunérée d'au moins 15 heures par semaine se disent « en mauvais état de santé psychique ».

Parcours universitaire, logement, transport, ressources financières, quotidien, santé, loisirs et entourage : tels sont les thèmes abordés dans l'enquête « conditions de vie ». Cette étude a été réalisée par l'université Lumière Lyon 2 auprès des étudiants ayant fréquenté ses campus lors de l'année universitaire 2014/2015. Près de 8 000 jeunes de moins de 30 ans en formation initiale y ont répondu.

De nombreux étudiants exercent une activité rémunérée

Parmi les étudiants ayant participé à l'enquête, 44 % exercent une activité rémunéré. Parmi eux, 25 % travaillent de manière régulière, afin de financer leurs études. 10 %, quant à eux, ont ponctuellement recours au travail rémunéré. Pour finir, 9 % profitent des vacances universitaires pour exercer un job étudiant.

Trois étudiants sur cinq exerçant une activité rémunérée estime que cette dernière leur est indispensable pour vivre. 58 % d'entre eux considèrent également que c'est un bon moyen d'acquérir une expérience professionnelle. L'amélioration du niveau de vie et l'indépendance à l'égard de leurs parents sont également des facteurs importants pour les jeunes interrogés.

Un lien entre salariat étudiant et santé psychique ?

Les résultats de l'enquête révèlent également que parmi les jeunes exerçant une activité rémunérée d'au moins 15 heures par semaine en parallèle de leurs études, 41 % se disent en « mauvais état de santé psychique » et 32,9 % « en état de santé psychique moyen ». Des chiffres qui baissent chez les étudiants qui exercent une activité rémunérée de moins de 15 heures par semaine (27,1 % se disent en « mauvais état de santé psychique » et 34,2 % en « état de santé psychique moyen ».

Un résultat qui ne « surprend pas » Alexandre Leroy, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). « La population étudiante se précarise, explique-t-il. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à exercer un job étudiant. Et lorsqu'il travaille, l'étudiant n'a pas forcément le temps d'exercer une activité sportive ou culturelle, de se sociabiliser. Cela crée très souvent un isolement social et un mal être très important », argue-t-il.

Pour Alexandre Leroy, ces chiffres confirment donc la « situation d'extrême solitude » qui touche certains étudiants salariés. « Il y a de vraies questions à se poser sur les moyens donnés aux Crous et aux universités, souligne le président de la Fage. Tant que les jeunes seront obligés de se salarier pour pouvoir vivre décemment, ce problème va perdurer », conclut-il.