Un tiers des jeunes ayant terminé leurs études en 2010 a effectué une mobilité internationale. Que ce soit pour un stage, les études ou même le travail, ils préfèrent toutefois les séjours plus courts.

Les voyages forment la jeunesse. L'adage a toujours autant de succès en France, puisque près d'un jeune sur trois est parti à l'étranger durant ses études

L'enquête, réalisée en partenariat avec le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) et l'agence Erasmus +, repose sur la génération qui est sortie des études en 2010. 30 % des jeunes interrogés ont effectué une mobilité internationale au cours de leurs parcours de formation.

Stage, études ou travail

Quatre motivations principales poussent les jeunes à cette mobilité. Le stage est le motif de séjour qui revient le plus souvent, puisqu'il concerne 44 % des déplacements. Suivent les séjours scolaires ou universitaires (40 %) et le travail (25 %). Ces trois raisons entrent dans le cadre d'un séjour encadré et ont concerné 72 000 jeunes de l'échantillon. Les séjours non-encadrés, c'est-à-dire personnels (voyage, loisirs...) ont compté 22 000 jeunes (24 %).

La majorité des stages à l'étranger (20 %) ont duré moins de deux mois. Les séjours les plus courts sont majoritaires : 13 % des stages ont duré moins de cinq mois, et 5 % plus de six mois. Même constat dans le cas d'échanges scolaires ou universitaires : 13 % des jeunes sont partis moins d'un mois, et 7 % ont suivi un échange de plusieurs mois. 

La grande majorité des jeunes restent en Europe

Les déplacements les plus courts sont aussi privilégiés, puisque les deux tiers (66 %) des séjours à l'étranger ont lieu en Europe, 16 % en Amérique et 9 % en Afrique. Les pays les plus visités sont le Royaume-Uni (16 %), l'Espagne et l'Allemagne (11 % chacun). Mais ceux qui choisissent de partir plus loin partent plus longtemps : 33 % des séjours hors Europe durent entre 3 et 5 mois, et 14 % moins d'un mois. La tendance est quasi inverse pour les séjours européens (33 % durent moins d'un mois, 19 % entre 3 et 5 mois).

La durée des voyages augmentent également en fonction du niveau d'études. Ainsi, 90 % des collégiens et lycéens partent moins d'un mois, quand une majorité des étudiants de niveaux bac +3 partent entre 1 et 5 mois. La plupart des jeunes en bac + 5 partent même plus de 6 mois.

Un niveau d'études élevé pousse à la mobilité 

Le niveau d'études, justement, pousse aussi aux déplacements. Près de 60 % des bac +5 ont effectué une mobilité, contre environ 30 % des BTS et un peu plus de 20 % des licences pro. Des différences s'observent aussi selon les filières d'études. Les étudiants en écoles de management et d'ingénieurs sont beaucoup plus voyageurs (81 %) que ceux en sciences humaines, lettres, gestion et droit (46 %) et en maths, sciences et techniques (41 %).

L'étude s'intéresse également aux origines sociales et géographiques des jeunes voyageurs. Sans surprise, ceux issus de milieux favorisés voyagent plus facilement : plus de 40 % des jeunes ayant des parents cadres ont connu une mobilité. Un chiffre qui monte à près de 30 % des enfants d'employés et à 20 % des enfants d'ouvriers. 

Le lieu de résidence fait moins de disparités. Les jeunes habitent dans un centre-ville (30 % ont connu une mobilité), une banlieue (30 %), une ville isolée (29 %) ou en milieu rural (28 %) sont autour de la moyenne nationale. Mais ceux issus de zones urbaines sensibles (23 %) et de collectivités d'outre-mer (40 %) s'en éloignent sensiblement.