De plus en plus de jeunes restent vivre chez leurs parents, qu’ils soient étudiants, chômeurs ou même jeunes actifs.
 
Près d’un jeune, âgé de de 18 à 29 ans, sur deux vit encore chez ses parents, selon une étude de l’Insee publiée le 31 janvier. En 1973, seuls deux jeunes sur cinq habitaient chez leurs parents, depuis, la situation n’a cessé de s’accentuer d’année en année. Augmentation du chômage, durée des études plus longue, logements trop onéreux, de nombreux facteurs expliquent cette nouvelle forme de cohabitation, de plus en plus répandue.

69 % des étudiants vivent chez leurs parents

Les premiers concernés sont les étudiants. Même s’ils sont plus nombreux qu’avant à prendre leur indépendance, près de sept étudiants sur dix vivent chez leurs parents. C’est notamment le cas des 18-24 ans : les étudiants représentent 58 % de l’ensemble des cohabitants. Cette situation s’inverse ensuite à partir de 25 ans, où les cohabitants sont davantage des jeunes actifs (53 %). La plupart sont des salariés, des ouvriers et/ou des jeunes en CDD. 

Les chômeurs sont également nombreux à rester chez leurs parents (58,5 %). Ils représentent près trois cohabitants sur dix, parmi les plus de 25 ans. L’étude montre d’ailleurs que le nombre de jeunes vivant chez leurs parents augmente en même temps que la courbe du chômage. Or, entre 2001 et 2013, le taux de chômage des jeunes est passé de 10,8 % à 17,1 %, d’où la présence de nombreux chômeurs chez leurs parents.

Evolution du taux de chômage et de la cohabitation. © Insee Evolution du taux de chômage et de la cohabitation. © Insee

Quand stabilité rime avec indépendance

Cependant, de nombreux facteurs poussent aussi les jeunes à gagner leur indépendance. Le premier n’a d’ailleurs rien à voir (ou presque) avec les moyens financiers, puisqu’il s’agit de la situation maritale. En effet, être en couple pousse souvent les jeunes à quitter le nid familial. Seuls 1,5 % des couples de moins de 24 ans vivent chez leurs parents. 

Autre facteur : le CDI. Parmi les 18-24 ans indépendants, deux jeunes sur cinq occupent un emploi (41,3 %). Ils sont même près du double chez les plus de 25 ans (76 %). Selon l’Insee, ces jeunes actifs ont pour la plupart obtenu un emploi stable (CDI ou fonctionnaire) ou exercent des postes de cadre ou une profession intermédiaire. Des conditions idéales pour trouver un logement.

Occupation des jeunes indépendants ou non. © Insee Occupation des jeunes indépendants ou non. © Insee

Des aides financières non-négligeables

Néanmoins, la majorité des jeunes ayant quitté le domicile familial continuent à bénéficier d’aides financières de la part de leurs parents. A 18 ans, sept jeunes indépendants sur dix reçoivent de l’argent de leurs parents. Ce soutien financier diminue avec l’âge. A partir de 24 ans, moins d’un jeune sur dix bénéficie d’une aide financière. 

Plus surprenant, si les parents paient en priorité les frais ordinaires de leurs enfants ou leur loyer (81 % et 55 % pour les 18-19 ans), à mesure que leurs enfants grandissent, les parents paient davantage leurs courses (74 % pour les 28-29 ans).

Aides financières de jeunes indépendants. © Insee Aides financières de jeunes indépendants. © Insee

Dans certains cas, les aides financières ne suffisent pas. Un jeune sur dix est obligé de retourner vivre chez ses parents. Une situation plutôt mal vécue par ces jeunes, puisque 74 % d’entre eux souhaiteraient retrouver leur indépendance s’ils en avaient les moyens. Contrairement à ceux qui ont toujours habité chez leurs parents : trois sur cinq resteraient chez leurs parents même s’ils en avaient les moyens.