Selon une étude de l’Insee, la moitié des jeunes Français de 18 et 19 ans est optimiste vis-à-vis de son avenir. Des résultats qui dépendent fortement des origines sociales et des niveaux scolaires en 6e.

Selon l’Insee, une petite majorité de jeunes Français de 18 et 19 ans (53 %) se dit « plutôt optimistes » en ce qui concerne leur avenir professionnel. A l’inverse, 21 % sont « plutôt inquiets ». Les 26 % restants ne se prononcent pas. 

C’est l’un des enseignements d’une grande enquête menée par l’Insee auprès de 35 000 jeunes rentrés en 6e en septembre 2007. Parmi ces jeunes, 45 % avaient commencé des études supérieures au 1er mars 2015, 30 % étaient encore scolarisés dans le secondaire, 15 % avaient quitté les études avec un diplôme et 10 % étaient déscolarisés et non-diplômés. Parmi ces jeunes ayant quitté le système éducatif, 37 % seulement ont un emploi, les jeunes diplômés étant sans surprise mieux employés (45 %) que les non-diplômés (25 %).

Les origines sociales, facteur déterminant

L’emploi joue également sur l’opinion des jeunes vis-à-vis de leur avenir. Chez les étudiants, les jeunes apprentis sont plus optimistes (68 %) que les étudiants en formation initiale (56 %). Même constant chez les actifs, entre les jeunes en emploi (62 % d’optimistes) et sans emploi (43 %).

L’autre grand volet de l’enquête concerne les différences de parcours entre les profils. D’une part, l’étude confirme que les origines sociales influencent grandement la réussite des jeunes. Ainsi, 90 % des enfants de cadres sont encore étudiants (dans le supérieur ou le secondaire) en mars 2015, alors que 10 % ont quitté les études (3 % sans diplôme). La même situation favorable est observée chez les enfants d’agriculteurs (83 % en études contre 17 % non scolarisés) ou d’artisans (77 % contre 23 %). Les enfants d’ouvriers (65 % contre 35 %) se lancent moins facilement dans les études. Mais c’est chez les enfants dont les parents sont sans emploi que la balance est la plus défavorable : moins de la moitié (48 %) est encore étudiante en 2015, et plus d’un sur trois (34 %) a quitté le monde éducatif sans diplôme. 

Le niveau en 6e influence la poursuite d’études

Le choix des études est également influencé par l’origine sociale. Ainsi, parmi les étudiants, un enfant de cadre sur quatre s’oriente en CPGE (25 %), quand un enfant de demandeur d’emploi sur deux (47 %) s’inscrit à l’université.

Mais l’enseignement nouveau de cette enquête, c’est que le niveau des élèves en 6e a également un impact sur la poursuite d’études. Ainsi, près de la moitié (48 %) du 1er quartille en 6e (les 25 % d’élèves les plus faibles) a quitté les études huit ans plus tard, et seuls 14 % d’entre eux sont en études supérieures. Dans le 4e quartille, représentant les meilleurs élèves, 77 % ont atteint l’université sans jamais redoubler, et seuls 9 % ne sont plus en études.

Sur les 35 000 jeunes suivis en 2007, 34 343 l’étaient encore en 2015, et 81,2 % d’entre eux ont répondu à l’enquête de l’Insee.