Stress, alcool, tabac, sexe, alimentation… Après deux ans d’examen, l’OVE sort sa grande enquête nationale sur la santé des étudiants.

Près de trois étudiants sur quatre (73 %) se considèrent en bonne ou très bonne santé. Un ressenti, plus fréquent chez les garçons (80 %) que chez les filles (68 %), qui semble ne pas correspondre avec le quotidien que ces étudiants relatent, entre mauvaise alimentation et conduites à risque. 

Difficultés financières 

L’étude de l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE), réalisée auprès de 18 875 étudiants inscrits à l’université en 2015-2016, nous apprend ainsi que presqu’un tiers des étudiants (30 %) a déjà renoncé, au cours de la dernière année, à se faire soigner, notamment pour raisons financières. Cela concerne notamment les soins dentaires, mais aussi l’ophtalmologie et la médecine généraliste ou spécialisée. 

Pourtant, quelques pratiques quotidiennes des étudiants mériteraient plus de consultations. A commencer par leur alimentation : 48 % des étudiants reconnaissent sauter des repas pendant les semaines de cours. Plus inquiétant, 13 % déclarent ne pas manger à leur faim, soit par manque de temps (37 %), d’argent (32 %) ou à cause d’un régime (32 %). 

Plus d’alcool que de tabac

Les études sont bien souvent agrémentées de périodes festives, et la consommation d’alcool est largement répandue : seuls 5 % des étudiants déclarent ne jamais en boire. Toutefois, une majorité (55 %) dit avoir une consommation modérée, limitée à deux à trois fois par mois ou moins. Pour les autres, il est difficile de déterminer réellement les pratiques à risque.

« Il est important de rappeler que la consommation quotidienne ne concerne que 1 % des étudiants et que la consommation "plusieurs fois par semaine" peut regrouper des réalités diverses comme des consommations modérées sur des périodes festives ou bien des consommations chroniques beaucoup plus inquiétantes », précise au Monde Yann Morvan, l’un des auteurs de l’étude.

Le tabac, lui, est boudé par une majorité des étudiants :  54 % disent n’avoir jamais fumé et 10 % avoir arrêté. Toutefois, la part d’étudiants se déclarant « gros fumeur », soit consommant plus de cinq cigarettes par jour, est assez importante (10 %). Ils sont d’ailleurs autant (54 %) à n’avoir jamais consommé de cannabis. Et parmi les 27 % qui en ont déjà pris plusieurs fois, 19 % en consomment toutes les semaines.

Le stress des études augmente les mauvaises pratiques

Pour les auteurs de l’études, la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis peut être liée au stress des études (la part de fumeurs est d’ailleurs légèrement supérieure chez les étudiants que dans le reste de la population). Mais le stress et le travail peuvent aussi provoquer des pratiques plus inquiétantes. Ainsi, 3,9 % des étudiants déclarent avoir déjà consommé des stimulants et produits dopants pour « améliorer [leurs] performances scolaires », parmi lesquels : des psychostimulants, des bêtabloquants, des amphétamines ou de la cocaïne.

Après analyse des résultats de l’enquête, les auteurs estiment que 20 % des étudiants présentent des signes de détresse psychologique. Une minorité (8 %) dit d’ailleurs avoir déjà pensé à mettre fin à leurs jours.

Tests de dépistages courants

Mais si cette étude dresse un constat inquiétant à certains égards, être étudiant ne signifie pas être en mauvaise santé. Une grande majorité (58 %) déclare d’ailleurs faire du sport toutes les semaines, et 5 % tous les jours. Seuls 17 % ne pratiquent aucune activité sportive.

Les étudiants sont également conscients des maladies et infections sexuellement transmissibles, et une majorité d’entre eux a déjà effectué un test de dépistage, le plus souvent pour le VIH (61 % des hommes et 56 % de femmes). Malgré tout, si seuls 3 % des étudiants n’utilisent aucun moyen de contraception, l’usage du préservatif ne concerne que 42 % du panel.