Le Céreq vient de dévoiler une enquête réalisée auprès de 33 000 jeunes diplômés de 2010, particulièrement riche en enseignements. A commencer par le fait que, trois ans après la sortie de leurs études, près d'un jeune sur cinq était an chômage. Cette enquête révèle également que plus le niveau de formation est élevé, plus le diplôme constitue un rempart contre le chômage.

Le diplôme fait plus que jamais la différence en matière d'insertion professionnelle, révèle la dernière enquête du Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) réalisée auprès de la "Génération 2010", qui subit de plein fouet les conséquences de la crise. Pour preuve : "En 2013, trois ans après leur sortie du système éducatif, 22 % des jeunes actifs sont en recherche d'emploi", affirme l'enquête. En d'autres termes, près d'un jeune sur cinq était au chômage, soit le plus haut niveau jamais observé depuis la création des enquêtes Génération, en 1997.

Les licences pro tirent leur épingle du jeu

Fait notable de cette étude : le fossé entre jeunes diplômés et ceux qui le sont peu ou pas s'est nettement creusé. Le taux de chômage des non-diplômés a ainsi atteint le niveau record de 48 %. "Au bas de l'échelle, les jeunes sans diplôme ou faiblement diplômés ont vu leurs conditions d'insertion se dégrader lourdement", affirme le Céreq. "Les titulaires de CAP et BEP demeurent moins mal lotis que les non-diplômés. Mais leurs difficultés s'aggravent : leur taux de chômage atteint 32 %, soit une augmentation de 15 points par rapport à la Génération 2004", notent aussi les auteurs de cette étude.

A contrario, l'enquête révèle que plus le niveau de formation est élevé, plus le diplôme constitue un rempart contre le chômage. Les BTS et les DUT (bac+2) passent ainsi en moyenne sept mois au chômage sur leurs trois premières années de vie active. De leur côté, les détenteurs de licences professionnelles (bac+3) parviennent à tirer leur épingle du jeu, contrairement aux licences générales : 85 % d'entre eux sont en emploi en fin de période.

La bonne insertion des ingénieurs et des docteurs

Sans surprise, les diplômés de bac+5 et plus parviennent à bien s'insérer sur le marché du travail. Pas moins de 76 % de ces jeunes accèdent en moins de trois mois à un premier emploi. Et sur les trois premières années de vie active, ils ne passent pas plus de temps au chômage que leurs prédécesseurs de la génération 2004 (quatre mois). À l'issue de cette période, ils sont près de neuf sur dix en emploi et, parmi eux, huit sont en CDI. Quant aux ingénieurs, docteurs et diplômés d'écoles de commerce, c'est le quasi-plein emploi. "Les ingénieurs et les docteurs, quelle que soit leur discipline, sont protégés de la dégradation économique, et bénéficient toujours de conditions d'insertion favorables", précise le Céreq.

Et, une fois n'est pas coutume, les jeunes femmes de cette Génération 2010, plus diplômées, ont mieux résisté à la crise, avec un taux de chômage moyen légèrement inférieur à celui observé chez les hommes (21% contre 23%).

Stabilité des CDI et des premiers salaires

Autre constat : en 2010, un jeune diplômé sur cinq était issu d'une formation par apprentissage. Du coup, la part d'apprentis parmi les diplômés de l'enseignement supérieur a presque doublé par rapport à la génération précédente.

Le Céreq met également en avant le fait que "la hausse du chômage ne s'est pas accompagnée d'une dégradation de la qualité des premiers emplois". La part des CDI est "globalement stable" entre les générations sorties du système scolaire en 2004 et en 2010. Les jeunes diplômés il y a trois ans sont même un peu mieux payés, avec un salaire net mensuel supérieur à 1 340 euros. En revanche, c'est ensuite que le montant sur les fiches de paye peine à progresser...

L'enquête Génération 2010 du Céreq a été réalisée à partir de l'interrogation d'un échantillon de 33 500 jeunes sortis du système scolaire en 2010, tous niveaux confondus.