Après une journée de mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université, les étudiants poursuivent le blocage des facs.

Cours annulés, occupation des locaux, blocage illimité ou partiel… Au total, une quinzaine d’universités seraient à l’arrêt ce mercredi. La veille, la manifestation contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants), jugée sélective, a rassemblé plus de 1 500 élèves dans toute la France. Une mobilisation qui ne cesse de se durcir notamment depuis l’évacuation violente des étudiants à l’université de Montpellier.

Des facs à l’arrêt

En effet, plusieurs universités parisiennes (Paris 1, 3 et 8), ainsi que les facs de Lyon, Orléans ou Nantes restent toujours bloquées ce mercredi. Dans certaines universités, telles que Limoges, Pau et Grenoble, le blocage est partiel.

A Rouen, l’occupation a été votée lundi lors d’une assemblée générale réunissant 300 élèves. Tout comme à Rennes 2 où 1 600 étudiants ont voté la reconduction du blocage jusqu’au 16 avril. Ainsi qu’à Toulouse où le blocage, qui dure déjà depuis un mois, devrait se maintenir jusqu’au 30 avril. A Montpellier, après avoir voté le blocage illimité de leur fac, les étudiants compte poursuivre leur action jusqu’au retrait de la loi.

Lille et Nanterre sous surveillance

Mais après plusieurs jours voire plusieurs semaines de blocage, certains présidents d’université ont demandé l’intervention des forces de l’ordre. A Lille, les étudiants ont passé leurs examens du second semestre sous la surveillance des CRS, malgré quelques contestations de la part d’enseignants et de plusieurs élèves.

Lundi, les forces de l'ordre sont également intervenues à Nanterre mais cette fois pour évacuer les occupants sous la demande de François Balaudé, président de l’établissement. Une intervention musclée où plusieurs étudiants se sont réfugiés sur le toit de l’école. Sept personnes ont été interpellées pour rébellion. Ce matin, plusieurs bâtiments étaient encore bloqués.

Tolbiac perd le soutien de son président


A l’université de Paris 1, sur le site de Tolbiac, Georges Haddad a quant à lui porté plainte pour les infractions commises durant le week-end. Alors qu’une centaine d’étudiants occupaient l’université, vendredi soir, plusieurs individus casqués et armés ont lancé des projectiles. Six personnes ont été placées en garde à vue pour « violence volontaire ». Dimanche, des cocktails molotov ont également été retrouvés dans les locaux. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Alors qu’il apportait son soutien aux étudiants depuis le début du blocage, suite aux évènements, le président de l’université a préféré faire appel à la préfecture de police de Paris en affirmant que « la ligne rouge avait été franchie ». Dans un communiqué publié mercredi, il demande le rétablissement « du fonctionnement habituel du centre ». De son côté, la préfecture a expliqué qu’elle n’avait reçu aucune demande d’évacuation depuis lundi.