En fin de mandat ministériel, le secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche déclare dans une interview vouloir mettre fin au tirage au sort à l’université, jugé illégal.

« J’ai la volonté, même si je ne serai pas comptable de la rentrée prochaine, de faire disparaître le tirage au sort à l’université ». Cet extrait de l’interview de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, à Educpros, vient enfin clarifier la position du gouvernement concernant la pratique du tirage au sort à l'université.

Clarifier la position du ministère

Le ministère de l’éducation nationale, par la voix de son secrétaire d’Etat, souhaite donc mettre fin à cette pratique. Une annonce qui intervient deux semaines après qu’un projet d’arrêté visant à légaliser le tirage au sort à l’université a été retiré à la dernière minute. Le texte devait être examiné par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESR).

« Ce projet de texte ne faisait qu’acter ce qui se passe déjà, aujourd’hui, sur le terrain, explique Thierry Mandon. Ce projet d’arrêté a été retiré parce qu’il n’y avait pas de consensus. Qui plus est, il ne nous semble pas que la légalisation du tirage au sort soit une bonne manière de faire. »

« Une orientation plus fine »

Comment éviter le tirage au sort ? Le secrétaire d’Etat avance deux solutions : « accroître les capacités d’accueil » et mettre en place « une orientation plus fine ». Il précise que cette augmentation se voudrait raisonnable, afin de ne pas avoir trop d’effectifs dans des filières aux débouchés assez faibles. D’où l’intérêt de cette orientation renforcée, qu’il convient « aux acteurs de construire ».

Alors que le quinquennat en cours prend fin dans quelques mois, le tirage au sort à l’université a été l’un de champs de bataille les plus visités par Thierry Mandon. Plusieurs étudiants refusés suite à cette pratique ont eu recours à la justice. Le tribunal de Bordeaux s’est notamment prononcé sur ce sujet à plusieurs reprises, déclarant le tirage au sort illégal et imposant l’inscription des étudiants refusés.