Ils y sont passés et ils ont survécu. Orientations est allé à la rencontre de Yaëlle et Stéphane, afin qu'ils témoignent de leur passage en prépa et vous donnent quelques conseils.

Yaëlle, étudiante en khâgne : à chaque jour suffit sa peine

« J'ai été agréablement surprise par le nombre d'heures de cours en classe préparatoire littéraire : je pensais devoir rester vissée sur ma chaise toute l'année mais finalement, les horaires sont plus légers que dans les autres cursus en prépa.

En revanche, la suite des événements s'est avérée conforme à ce que l'on m'avait décrit. A savoir, une somme de connaissances incroyablement dense attendue et un minimum de deux heures de lectures personnelles par jour pour tenir le rythme ».

Erudition et méthode

« En fait, on attend de nous une érudition sans faille et les professeurs partent du principe que l'on doit maîtriser aussi bien les détails de la vie de Socrate que l'œuvre poétique complète de Victor Hugo... le tout avec des exemples très précis pour appuyer nos démonstrations !

La solution consiste à se forcer à être très méthodique dès les premiers jours pour identifier ses lacunes. Ainsi, je conserve toujours sur moi un carnet où je note les éléments que je dois ajouter dans mon programme de lecture. Il faut aussi se forger un moral d'acier et ne pas se laisser décourager par les résultats, ou plutôt leur absence. En début de première année notamment, les notes volent vraiment très bas ».

Passer le cap des premières semaines

« Quand je confrontais mes notes à la quantité de travail fournie, j'avais l'impression qu'on me demandait de m'atteler à une tâche infinie dont je ne verrais jamais le bout. D'ailleurs, plusieurs de mes collègues préparationnaires ont perdu pied et ont abandonné en cours de route.

Mais la première année sert avant tout à apprendre la méthode. Les professeurs sont conscients que la progression est lente et douloureuse. Ils apprécient d'autant plus les étudiants qui conservent leur motivation jusqu'à la fin ».

Connaître son rythme

« Enfin, pour être efficace, il faut connaître son rythme et s'y conformer. Pour ma part, je travaille rarement après minuit, je travaille plutôt le week-end mais sans excès. J'essaie de consacrer du temps au sport pour me changer les idées. Ainsi, garder un bon équilibre et travailler avec régularité sont, à mon sens, les seules façons de progresser sans paniquer ».

Stéphane, étudiant en école de commerce : rescapé de justesse

« Autant l'avouer tout de suite, mes années de prépa ont été les plus longues de ma courte vie. Je les ai vécues comme un martyre quotidien, empli de stress et d'humiliation permanente ».

Ne pas se laisser déborder par la pression ou l'esprit de compétition

« Il faut dire aussi que je suis parti avec des ambitions un peu délirantes : j'avais eu mon bac avec mention, j'avais toujours été bon élève sans me fatiguer et je n'envisageais rien de moins qu'HEC. De fait, je me suis mis une pression considérable, tout seul.

Pour ne rien arranger, l'esprit de compétition était très présent dans ma prépa. Tous les coups étaient bons pour vous déstabiliser : on vous jugeait sur votre valeur académique, votre personnalité, vos hobbies...

En plus, tout le monde était très stressé. Certains carburaient aux stimulants, anti-fatigue ou autre médicament miracle. Pour moi, cela n'a jamais été une solution. Je pense plutôt que pour tenir le coup, mieux vaut avoir une bonne estime de soi, un entourage compréhensif et un moral à toute épreuve. Mais c'est dur quand même ».

Revoir ses méthodes de travail

« J'ai sûrement l'air amer mais en fait, j'ai très mal vécu ma première année. Par manque de méthode, je m'étais laissé dépasser par le rythme des cours. Heureusement, ma copine m'a beaucoup aidé. Elle m'a soutenu, m'a obligé à revoir mes méthodes de travail.

Par exemple, j'ai découvert une astuce très simple mais d'une efficacité imparable : relire ses notes le soir, même après une journée chargée. Cela permet de mieux les mémoriser et empêche les lacunes de s'installer. Alors oui, c'est fastidieux au départ mais on acquiert rapidement ces automatismes ».

Ne pas laisser s'accumuler la fatigue

« Enfin, je trouve que je n'ai pas été assez averti de la nécessité de développer une véritable endurance physique avant de m'engager dans cette voie. Une fois dedans, on dort peu, on saute des repas, la fatigue s'accumule et sans le sport pour évacuer le stress, c'est sûr, j'aurais laissé tomber ».

Des témoignages qui devraient vous aider à mettre toutes les chances de votre côté pour réussir vos années prépas.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2015