Des véhicules tractant des panneaux faisant la promotion d’un site soupçonné de « proxénétisme » ont stationné devant deux universités parisiennes, provoquant des réactions indignées.

Mercredi 25 octobre à Paris, la présence d’un panneau publicitaire devant plusieurs universités parisiennes a indigné nombre d’étudiants, de professeurs et d’élus. Ces pubs faisaient la promotion du site richmeetbeautiful, spécialisé dans la mise en relation de jeunes femmes avec des hommes âgés et fortunés.

« Appel à la prostitution »

« J’ai cru à une blague, un montage » a d’abord réagi Frédérique Dardel, président de l’université Paris Descartes, devant laquelle la voiture tractant le panneau publicitaire a stationné, dans le VIe arrondissement de Paris. « Sous le choc » face à cet « appel à la prostitution », le président indique au Figaro Etudiant que « s’[il a] un levier d’action, [il portera] plainte ». 

La mairie de Paris n’a pas non plus tardé à réagir. Hélène Bidard, adjointe PCF en charge de la lutte contre les discriminations a indiqué sur Twitter avoir saisi le procureur de la République et demandé la fermeture du site à la plateforme de signalement Pharos. « Outre le trouble à l’ordre public d’une publicité qui peut être vue par des mineurs, ce site est une violence faite aux femmes, a-t-elle déclaré à l’AFP. Derrière ces images dorées, des jeunes peuvent tomber dans la prostitution. Nous voulons une enquête qui pourrait amener à des poursuites pour proxénétisme. »

La Fage porte plainte

Autre réaction politique, celle des élus d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) à la mairie de Paris, qui ont écrit à Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et à Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

On peut lire dans leur lettre que ce site « n’est rien d’autre qu’un outil incitant à la prostitution et, comme plateforme se rémunérant sur les mises en relations, son rôle se rapproche de celui d’un proxénète ». Les élus d’EELV ont eux aussi demandé l’interdiction du site et du chariot mobile, qui a par ailleurs stationné devant le campus de l’université Pierre et Marie Curie. 

Un précédent en Begique

La Fage, premier syndicat étudiant de France, a annoncé dans un communiqué de presse avoir « chargé Me Basile Ader, avocat au barreau de Paris, du soin de déposer une plainte du chef de proxénétisme entre les mains du procureur de Paris ». Elle a également « saisi le jury de déontologie publicitaire » et sollicité la mairie et la préfecture de police pour l’interdiction de circulation des véhicules.

Cette affaire n’est pas une première. Il y a un mois, le 25 septembre, un pareil scandale avait éclaté en Belgique. Les mêmes panneaux publicitaires, promouvant la version belge du même site avait stationné devant le campus de l’université libre de Bruxelles. Une plainte avait notamment été déposée par l’université auprès du Jury d’éthique publicitaire de Belgique.