La ministre de la santé, Agnès Buzyn et la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal ont annoncé, mardi 3 avril, quinze mesures en faveur du bien-être des étudiants en santé.

Fatigue, dépression, angoisses, les étudiants en santé vont mal. Deux tiers des jeunes médecins avouent être anxieux. Quatre étudiants en soins infirmiers sur cinq se disent souvent voire tout le temps stressés. C’est en tout cas ce qu’ont démontré plusieurs enquêtes réalisées par des associations ou des organisations étudiantes. 

Alerté, le gouvernement s’est vu remettre un rapport évaluant tous les problèmes liés aux études de santé. Le constat est édifiant : « Le rapport confirme l’ampleur des difficultés et l’urgence à agir. » D’après lui, la troisième année serait la plus difficile à vivre en terme de stress. Après plusieurs mois de réflexion, le gouvernement vient de publier quinze mesures afin de mettre fin à la souffrance des étudiants en santé, à l’école comme en stage.

Une aide psychologique indispensable

Parmi ces mesures, l’aspect psychologique apparaît comme un élément essentiel. Selon les données de la FNESI (fédération nationale des étudiants en soins infirmiers), 19 % des étudiants seraient en dépression, 14 % consulteraient un psychologue et 7 % auraient des idées suicidaires. Les ministres de la santé et de l’enseignement supérieur proposent donc de créer, dès 2018, des structures d’accompagnement dans chaque université pour prévenir des risques de maladies mentales. Les victimes de violences pourront également être accueillies afin de bénéficier d’un meilleur suivi psychologique.

En parallèle, d’ici 2019, tous les étudiants en santé auront accès à la médecine préventive et aux activités culturelles et sportives au sein de leur université.

Une formation repensée

Mais ces améliorations s’inscrivent également dans une transformation plus globale des études de santé. En effet, de nouveaux modules pourront être créés notamment concernant la gestion du stress et des risques psycho-sociaux mais aussi la préparation d’un projet professionnel. 

Le plan souhaite recentrer les formations en santé sur les compétences à acquérir et non sur les résultats. Ainsi, l’esprit de compétition ne devra plus être au centre des préoccupations. 
Ce système de validation des acquis permettra également de mettre en place plus facilement des passerelles entre les formations.

Des conditions de stage améliorées

Dernière grande transformation : la qualité des stages. Ces périodes en milieu hospitalier représentent une partie non-négligeable de leur formation. Or, de nombreux étudiants finissent par subir leur stage qui ne se passe pas comme prévu. Ainsi, le gouvernement prévoit « un respect strict du repos de sécurité et une limitation à 48 heures le temps de travail hebdomadaire ».

De plus, pour repérer les lieux de stages « émotionnellement plus difficiles », chaque étudiant devra évaluer sa formation professionnelle. Plusieurs enquêtes seront également réalisées par les associations étudiantes pour anticiper les éventuelles difficultés. 

Des mesures nécessaires selon Frédérique Vidal afin que chaque étudiant puisse s’épanouir dans sa formation : « Les études doivent être pour chacun un temps d’épanouissement et d’estime de soi. »