Stress, auto-médication, alcool ou encore sexualité à risque… Selon l’enquête Smerep, publiée le 29 juin dernier, l’état de santé des étudiants demeure inquiétant.

Pour l’édition 2017 de son rapport, la Smerep a interrogé 1 200 étudiants et 800 lycéens français. Si on y apprend que 84 % des sondés s’estiment être en bonne santé, il révèle aussi une tendance à la précarisation et à des comportements de santé risqués chez les jeunes.

Stress et insomnies

Les concernés semblent optimistes. Pourtant, les failles du diagnostic restent nombreuses. Près de 20 % des jeunes interrogés indiquent dormir moins de six heures par nuit et 10 % d’entre eux suivent un traitement d’anxiolytiques, d’antidépresseurs ou autres médicaments contre le stress. De plus, 40 % des étudiants avouent se sentir stressés au quotidien.

Fumer, boire pour « relâcher la pression »

Pour faire face à ce stress, les étudiants sont nombreux à vouloir relâcher la pression, notamment à travers la consommation excessive d’alcool. Selon la Smerep, 83 % ont déjà bu et 38 % reconnaissent une consommation régulière ou excessive.

A l’alcool s’ajoutent le tabac et le cannabis. 25 % des étudiants se définissent comme fumeurs et 30 % déclarent consommer du cannabis. « Comme ils se savent en bonne santé, ils considèrent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent et user leur capital santé », décrypte Hadrien Le Roux pour Le Monde.

Se soigner, pas une priorité

Le rapport révèle également que prendre soin de leur santé est loin d’être une priorité des étudiants. En effet, 88 % d'entre eux confient ne pas se rendre de façon systématique chez le médecin lorsqu’ils sont malades.

Plus de la moitié des sondés (52 %), préfère attendre que les symptômes passent tout seul et 37 % sont adeptes de l’auto-médication. Enfin, 20 % estiment que le médecin « coûte trop cher », malgré le remboursement.

Des budgets restreints

Ces négligences sont aussi le reflet de budgets mensuels de plus en plus serrés. Alors qu’en 2007, seulement 27 % des étudiants affirmaient avoir du mal à gérer leur budget, ce chiffre atteint plus de 50 % en 2017. Le budget mensuel des intéressés s’élève entre 365 et 379 euros en moyenne, d’après le rapport.

Difficile avec de tels montants de manger de façon équilibrée. Pour preuve, 30 % des sondés assurent ne pas faire attention à ce qu’ils mangent et 14 % mangent à n’importe quelle heure de la journée.

Sexualité et comportements à risque

Autre partie alarmante de l’enquête, les comportements à risque en matière de sexualité qui demeurent chez les étudiants. Près de la moitié (48 %) des concernés déclarent s’être déjà passés de préservatifs. La raison la plus souvent évoquée : 80 % pensent avoir un partenaire fiable.

Enfin, encore 25 % des jeunes confessent ne jamais s’être fait dépister et un étudiant sur quatre ne sait même pas où le faire.