Alain Juppé, devant Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy. Voilà les candidats à la présidence de la République préférés des étudiants, selon un sondage Ifop pour l’Etudiant. 

Pour 40 % des 604 étudiants interrogés entre le 25 octobre et le 4 novembre, Alain Juppé « prend en compte les préoccupations des étudiants ». Pour Jean-Luc Mélenchon, ils sont 32 % et 30 % pour Nicolas Sarkozy, qui devance tout juste François Fillon et Emmanuel Macron (29 % chacun).

« Droitisation » des étudiants français

Hormis Jean-Luc Mélenchon, qui plaît traditionnellement aux jeunes, on retrouve un tableau orienté à droite de l’échiquier politique. « Il faut y voir le reflet d’un mouvement de droitisation de la population étudiante en France, parallèle à celui de la population générale », explique François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop. De fait, les personnalités de gauche sont toutes moins bien notées : 27 % pour Manuel Valls, 24 % pour Arnaud Montebourg et 20 % pour François Hollande, soit autant que Philippe Poutou. 

L’abstention toujours numéro un 

Question parti politique, les étudiants sont en effet 23 % à se sentir « le plus proche ou le moins éloigné » des Républicains, quand 15 % préfèrent le Parti socialiste et le Parti radical de gauche, 11 % Europe Ecologie Les Verts et 10,5 % le Front National. Si les sympathisants de gauche restent majoritaires chez les étudiants (34,5 %), ils sont en baisse de 9,5 % par rapport à 2014. La tendance est inversée à droite et au centre (30 %, + 1,5 %), de même qu’au Front National (+ 4,5 %)

Une grande partie des étudiants (23 %) ne se déclare par ailleurs d’aucune formation politique. Une statistique qui montre que le véritable vainqueur de ce sondage n’est pas Alain Juppé, ni la droite en général, mais l’abstention. En effet, 45 % des étudiants interrogés ont déclaré qu’ils ne voteront pas en 2017. C’est beaucoup plus que la moyenne nationale (27 %). 

Les enjeux majeurs : emploi, éducation et sécurité

L’emploi est le thème qui préoccupe le plus les étudiants (95 % considèrent qu’il entrera en compte dans leur vote lors de la présidentielle). Le coût de la vie (90 %), l’éducation (90 %) et la sécurité (87 %) sont également importants. A l’inverse, la culture et le sport (56 %), comme l’écologie (72 %) ou l’accueil des réfugiés (76 %) seront moins pris en compte.