Les écoles et universités gardent uniquement la crème des candidats postulant pour un 3ème cycle.

A l'entrée en Master

A 500 € l'année en moyenne (contre 5 000 € pour une grande école), les 3èmes cycles attirent les candidats en masse. De fait, la sélection à l'entrée est proportionnelle à leur succès et les taux d'admission atteignent un pour dix à l'entrée des sections les plus cotées. Ainsi, la filière DJCE-Diplôme de juriste conseil en entreprise reçoit près de 1 500 candidatures pour seulement 300 places.

L'intégration est d'autant plus complexe que toutes les filières ne recrutent pas sur les mêmes critères. Théoriquement, l'entrée en M1 est ouverte à tous, à condition que la formation s'inscrive dans la continuité de la licence. Et le vrai écrémage s'effectue en M2. Sur le terrain, les particularités sont nombreuses.
Certains, par exemple, organisent leurs cursus dès la licence en proposant un cycle complet licence 3 - master 1 - master 2, d'autres sélectionnent à l'entrée en M1 pour apporter aux étudiants les acquis nécessaires en M2. Au final, les types de sélection sont presque aussi multiples que les dénominations de titre.

Langues et stages

Quand ils ont le choix entre 300 dossiers pour quelques 30 places, les universités se permettent de faire la fine bouche et gardent uniquement la crème des candidats. La première sélection se réalise donc sur dossier. Sont étudiés le parcours, les notes, mais aussi les options suivies ou les langues dans le cadre d'un cursus international par exemple.

Autre point sur lequel s'attardent longuement les recruteurs : les stages et autres expériences professionnelles. Ils témoignent de la maturité du projet professionnel du candidat et de sa capacité à approfondir par lui-même sa connaissance du secteur visé. Au final, pour le candidat, le choix du Master ne se décide pas à la fin de la L3, au moment d'envisager son avenir. Elle doit être réfléchie dès le début des études, pour se forger un parcours correspondant parfaitement aux critères d'admission du diplôme.

Pour départager les candidats aux cursus irréprochables restés en lice, les universités ont désormais recours aux traditionnelles épreuves de sélection : entretien oral, voire épreuves écrites plus ou moins complexes. Certains réclament une dissertation démontrant la cohérence de leur projet personnel et professionnel, d'autres, à l'image des grandes écoles, se sont même mises au concours commun. Le Score IAE-Message (SIM) est ainsi devenu un pré-requis pour 190 formations de niveau M1 ou M2 dans une quarantaine d'universités. Le test se compose de quatre QCM portant sur la culture générale, économique et managériale, le français, le raisonnement logique et numérique et l'anglais. Une fois leur score en poche, les candidats sont invités à se présenter à l'entrée d'une ou plusieurs formations de leur choix.

MBA, Mastère spécialisé et Cie

Au coté du Master star, l'offre de 3ème cycle comporte également une flopée de MBA et Mastères spécialisés, principalement proposé par les Grandes écoles. Très onéreux, ces cursus s'inscrivent principalement dans une offre de formation continue et requièrent donc quelques années d'expérience. A l'inverse des 3e cycles M2 d'université, la notion de continuité de filière y est beaucoup moins prégnante. Au contraire ! L'accent est mis sur la diversité des profils pour favoriser et enrichir les promotions.

Mais cette optique ne signifie pas que rentre qui veut. Les promotions réduites des MBA et Master spécialisés des Grandes écoles associées aux grands nombres de candidature assurent un ratio d'admission avoisinant les 10 % par filière. A l'issue d'épreuves de haut niveau tel le Test GMAT, le TOEIC où la note minimale requise dépasse les 700, les candidats doivent donc montrer patte blanche auprès du jury d'admission. Dans leur argumentaire, les postulants doivent démontrer autant la cohérence du diplôme visé avec leur projet professionnel, que la valeur de leur parcours antérieur et ce qu'il peut apporter aux autres participants.

Une sélection drastique à peine pondérée par les frais de formations très élevé de ces cursus. Comptez au minimum 10 000 euros par an, et jusqu'à 50 000 euros pour les plus prestigieux. Toutefois, dans le cadre d'un très bon dossier, la question financière intervient en second plan. En effet, ces cursus bénéficient de divers systèmes de mécénat (bourse, prêt à taux préférentiel) apporté par les entreprises ou les anciens élèves. De plus, au vu des perspectives à la sortie, ces 3e cycles doivent s'envisager comme un investissement destiné à favoriser la progression de carrière sur le long terme.