Les entreprises industrielles sont de plus en plus en quête de jeunes diplômés titulaires d'un DUT. La raison : leur caractère professionnalisant, d'autant que près de la moitié des spécialités proposées préparent aux métiers de la production.

Le secteur industriel embauche encore et toujours. Et pas n'importe quel type de profil : l'industrie regroupe plus de trois millions de personnes, et prévoit de recruter plusieurs milliers d'employés et de cadres dans les dix prochaines années. Pour ce faire, les employeurs misent de plus en plus sur les jeunes diplômés, qui trouvent toute leur place dans les domaines de l'aéronautique, de l'énergie, de l'électronique, du nucléaire, de la mécanique, ou des services à l'industrie...

De très bonnes prévisions d'embauche

L'industrie prévoit de recruter entre 80 000 et 100 000 personnes en moyenne par an à l'horizon 2020. Un tournant à ne pas manquer pour les jeunes diplômés, d'autant que les entreprises manquent de candidats de niveau bac +2/3 et bac +5. Dans cette perspective, les diplômés de DUT ont toutes leurs chances de se faire une place dans ce secteur d'activité.

Ainsi, 30 % à 40 % de ces emplois seront exclusivement destinés aux jeunes diplômés, du CAP aux écoles d'ingénieurs. Parmi ces diplômés, les titulaires de DUT sont particulièrement appréciés des employeurs.

En effet, le côté professionnalisant de la formation est considéré comme un véritable atout. Les recruteurs apprécient particulièrement ces profils, d'autant plus que la plupart d'entre eux choisissent de poursuivre leurs études en licence professionnelle, en école d'ingénieurs voire en master pro à l'université, et ce en alternance...

Un besoin urgent de cadres

Ces annonces de créations d'emplois dans cette branche répondent à un besoin conjoncturel de l'industrie. En effet, un quart de l'encadrement - c'est-à-dire les techniciens et les ingénieurs - s'apprête à partir à la retraite d'ici 2017. Pour l'année 2013, le nombre de départs à la retraite chez les cadres a d'ores et déjà connu une hausse de 5 % dans ce domaine, selon l'enquête de l'Apec « Le marché de l'emploi cadre en 2013 ».

Par ailleurs, de nouveaux métiers sont apparus, comme celui de logisticien, qui coordonne les sites de production, ou les acheteurs, dont la fonction est de se procurer des pièces au meilleur prix. L'industrie française a également besoin de techniciens et d'ingénieurs pour concevoir des nouveaux procédés et logiciels, la concurrence mondiale de l'innovation technologique étant de plus en plus féroce...

Des postes de cadres et d'employés sont donc à pourvoir pour les jeunes diplômés. En 2013, les cadres débutants de moins d'un an d'expérience ont représenté 14 % des nouvelles recrues dans cette filière, tandis que 10 % des diplômés de DUT se voyaient confier des fonctions de cadres dans la filière des sciences-technologies-santé. Des emplois qui correspondent donc tout à fait aux qualifications des titulaires d'un bac+2.

Les  DUT tirent leur épingle du jeu

Si l'industrie recrute, elle embauche surtout du côté des DUT. En effet, ce sont les spécialités à tendance industrielle qui connaissent le plus de débouchés : génie chimique, civil, mécanique, productique, ou encore mesures physiques. Ainsi, le taux d'insertion professionnelle de ces diplômés atteint 91 % pour la filière des sciences-technologies-santé, d'après les chiffres révélés par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche issus de « l'enquête nationale sur l'insertion professionnelle des diplômés de l'université ».

Qu'en est-il de leur niveau de salaire à l'embauche ? L'enquête révèle qu'il est sensiblement le même que pour les titulaires d'une licence professionnelle dans la filière des sciences-technologies-santé : les DUT ont un salaire brut annuel médian de 25 100 euros, contre 25 700 pour les licences pros. Ils tirent ainsi leur épingle du jeu et redonnent de l'espoir à tous les titulaires d'un diplôme de niveau bac +2.

Dernière mise à jour : 7 septembre 2015