L'alternance fait des émules. Depuis de nombreuses années, le secteur de l'automobile développe cette formule. Une solution qui permet aux jeunes de bénéficier d'une bonne insertion professionnelle.

Avec 109 360 entreprises et 405 130 salariés recensés en 2013 par l'Association nationale de la formation automobile (Anfa), le secteur automobile est devenu l'un des principaux pourvoyeurs d'emploi pour l'Hexagone. Des chiffres très intéressants qui mettent en exergue son fort développement.

Un marché dynamique

Le secteur de l'automobile recrute. Selon la dernière enquête Besoin en main-d'œuvre (BMO) menée chaque année par Pôle emploi, les métiers de mécaniciens et électroniciens de véhicules comptent 5607 recrutements déclarés en 2015. Le contexte économique est favorable puisque le groupe automobile Renault a ouvert 1 000 postes en CDI en France en 2015, son bénéfice net ayant plus que triplé en 2014..

« Il y a énormément de possibilités aujourd'hui sur le marché de l'automobile. Tous les jours, un nombre important d'offres d'emploi sont formulées pour des mécaniciens, des commerciaux... Quelqu'un qui a une qualification et qui veut un travail n'a aucun problème pour en trouver », témoigne le directeur du garage Safameca, dans le 17e arrondissement de Paris.

Les jeunes alternants très appréciés

Le secteur, depuis de nombreuses années, développe l'alternance. « Il y a un turnover naturel. Lorsque des employés partent à la retraite, ils sont souvent remplacés par des jeunes en alternance. Dans notre branche, il y a entre 5 et 6 % d'alternants à la rentrée 2014, ce qui représente environ 20 000 apprentis », détaille Dominique Faivre-Pierret, adjointe au délégué général de l'Anfa.

Et pour cause, de nombreuses grandes enseignes se sont engagées auprès de L'État pour la formation de jeunes. C'est le cas de Renault qui a promis d'ouvrir, à l'horizon 2016, 800 postes  pour les jeunes « qui rencontrent des difficultés d'insertion professionnelle ».

Dominique Faivre-Pierret précise : « Les recrutements de jeunes en contrat de professionnalisation ou d'apprentissage dépendent grandement de la conjoncture économique. Toutefois, malgré la crise, le secteur reste très attractif pour les jeunes. D'ailleurs, dans les années à venir, je pense que l'automobile va connaître un gros pic d'embauche en matière d'alternants », ajoute-t-elle.

Les entreprises friandes de cette formule

Du CAP au bac +5, les métiers de l'automobile donnent leur chance à toutes sortes de profils. « Les entreprises engagent des jeunes qui ont envie d'apprendre, elles peuvent ainsi les formater en fonction de leur culture et de leurs process. Les nouvelles générations arrivent avec le digital, ils sont familiers des modèles qui sortent actuellement et n'ont aucune gêne à intervenir sur des systèmes électroniques », expose Dominique Faivre-Pierret.

« Lorsqu'un apprenti arrive, on essaye de leur apprendre le métier. C'est avant tout un rapport humain qui s'installe entre le jeune et son tuteur. En tout cas, si l'apprenti fait preuve de dynamisme, d'écoute et de volontariat, il a toutes les qualités requises pour que nous décidions de le garder à la suite de sa formation. Lorsque l'on est jeune, motivé et que l'on a envie de travailler, on obtient rapidement ce que l'on veut. Il y a beaucoup d'entraide dans le secteur, l'insertion professionnelle des anciens apprentis est donc excellente », argue le directeur du garage Safameca.

Une opinion partagée par Dominique Faivre-Pierret : « Deux tiers des jeunes s'insèrent six mois après la fin de leur formation. Lorsqu'un alternant donne toute satisfaction, généralement, les entreprises décident de les garder. Lorsqu'elles ne le peuvent pas, elles essaient de faire jouer leur réseau », conclut-elle. Une excellente nouvelle pour les jeunes intéressés par l'alternance.