Il existe actuellement neuf Instituts d'Etudes Politiques (IEP), répartis à travers la France. Si les occasions d'intégrer un IEP sont de ce fait nombreuses, les candidats le sont au moins tout autant... En s'appuyant sur le très complet livre "Je vais vous apprendre à intégrer Sciences Po" (Editions du 46) d'Emilie Lechevalier, Orientations vous révèle les 10 secrets pour réussir son concours haut la main, se démarquer des autres candidats, et intégrer un IEP.

Intégrer un IEP n'est pas une mince affaire : il ne suffit pas d'avoir des connaissances et de la culture générale, encore faut-il savoir mobiliser les bonnes méthodes, et répondre au mieux aux attentes des correcteurs. Pour préparer le concours et surtout décrocher son billet d'entrée, il convient de préparer les épreuves une voire deux années à l'avance. Mais avec de bonnes méthodes, tout est possible !

I - Avoir les connaissances nécessaires

Pour passer les concours d'un Institut d'Etudes Politiques (IEP), il faut non seulement très bien travailler durant toute l'année de Terminale, mais également aller au-delà de ce qu'un bon élève peut fournir. En effet, il faut aller au fond des choses, et pousser les analyses le plus loin possible.

Si vous ne serez pas jugé sur vos connaissances - il semble logique pour les correcteurs que vous en ayez -, un manque sur celles-ci peut être fatal. N'hésitez pas par conséquent à lire des ouvrages supplémentaires sur certains points, en économie, en histoire, l'actualité,... Faites des fiches de ces lectures, afin de réviser plus sereinement en vue du concours d'entrée.

II - Remettre en question ses méthodes de travail

Le concours d'un IEP n'est pas une continuité du bac, dans le sens où les attentes sont radicalement différentes. A l'issue de l'année de Terminale, on demande au candidat de "ressortir" ses savoirs, dans la limite du hors-sujet. Au concours de Sciences Po et des IEP, il faut problématiser autour d'un sujet, les connaissances ne servant que d'exemples, d'appuis pour renforcer ses arguments.

En outre, il ne faut pas uniquement connaître les faits, il faut également connaître les analyses des grands enjeux du 20e siècle notamment. Enfin, le candidat n'oubliera pas d'apporter une vision critique, nécessitant de prendre du recul par rapport au sujet donné.

III - S'entraîner toute l'année

L'important n'est pas seulement de savoir, mais également de savoir-faire. Ainsi, durant toute l'année, il ne faut pas hésiter à s'entraîner, à faire des dissertations supplémentaires, à se procurer des annales récentes... En effet, les épreuves peuvent varier d'une année sur l'autre. Et si vous parvenez à terminer ces annales, n'hésitez pas à faire celles des années antérieures !

IV - Peaufiner son dossier

Le dossier constitue une étape importante dans le processus d'admissibilité. Il compte coefficient 5 dans le total du résultat global, et comprend notamment les relevés de note des classes de Seconde, de Première, du 1er trimestre de Terminale, le relevé de notes des épreuves anticipées du bac, une lettre de motivation, ainsi que les justificatifs des résultats obtenus lors de concours nationaux (concours général des lycées, Olympiades de mathématiques,...).

Plus que les notes, c'est la progression et le travail des candidats qui sont jugés. La lettre de motivation, quant à elle, a pour but de révéler les aspirations réelles des candidats. Il faut donc éviter d'utiliser des formulations éculées, établir ses réelles motivations, et bien sûr veiller à rester crédible : en cas d'oral, le jury saura vérifier...

V - Grappiller des points en langues

Les langues proposées sont diverses et variées :

  • anglais,
  • allemand,
  • espagnol,
  • italien,
  • portugais,
  • russe,
  • chinois,
  • arabe,
  • etc.

Dans le cas où vous maîtriseriez une autre langue que l'anglais, foncez : il s'agit d'un atout indéniable ! L'épreuve se compose d'une compréhension de texte, ainsi qu'une expression écrite.

Pour la rédaction de la compréhension de texte, soyez synthétiques. Inutile de rédiger trois pages : la réponse à la question suffit. Mais attention : il est important d'utiliser votre vocabulaire propre. Pour l'expression écrite, l'important est de rester clair, en présentant un argument par paragraphe. N'oubliez pas la phrase d'accroche qui va contextualiser votre propos. Enfin, le fond est tout aussi important : veuillez à votre vocabulaire et à vos expressions idiomatiques. Elles ne doivent pas être vues et revues. Pour cela, travaillez durant l'année !

VI - Bien choisir ses options

Autre choix primordial : celui des options. Littérature, mathématiques ou sciences économiques et sociales : l'épreuve est fonction du choix du candidat. Un choix à mûrement réfléchir pour mettre toutes les chances de son côté. Certaines épreuves sont ainsi à éviter si la filière d'origine n'est pas adaptée. En effet, ceux qui choisissent les mathématiques doivent avoir un excellent niveau. Hors de question de passer cette épreuve si on a en-dessous de 16/20 durant l'année !

De même, si l'épreuve d'économie est adaptée aux bacheliers de la série ES (le programme de révision est le même que celui de Première et de Terminale), elle ne convient pas aux bacheliers littéraires et scientifiques, qui n'ont pas eu la méthodologie pour traiter de tels sujets. Enfin, l'épreuve de littérature et philosophie peut être traitée par tous, mais là encore inutile d'étaler son savoir : ce qu'il faut avant tout, c'est analyser la portée du texte.

VII - Potasser ses options

Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une option qu'il faut la négliger. Son coefficient est en effet de 2 (tout comme l'histoire). Après un choix judicieux, place au travail ! Pour l'épreuve de littérature, rien de bien nouveau : il s'agit d'un commentaire de texte. Révisez les figures de style et les mouvements littéraires vus en Première, et entraînez-vous.

Petite astuce : vous pouvez faire relire votre travail par votre professeur de l'an passé. Pour les commentaires, inutile de les rédiger en entier : un plan extrêmement bien détaillé suffit. Pour l'épreuve de mathématiques, il faudra travailler le programme de Première et de Terminale S. Refaites vos devoirs surveillés et exercez-vous avec les annales des années antérieures. Enfin, pour l'épreuve d'économie, même schéma : les cours de Première et de Terminale sont à réviser avec le plus grand soin. La lecture de la presse économique est également un sérieux avantage...

VIII - Préparer l'entretien de motivation

L'entretien de motivation est une toute nouvelle épreuve, qui a remplacé celle de culture générale qui était écrite. Une bonne nouvelle, puisqu'elle permet aux élèves de montrer qu'ils ne sont pas uniquement scolaires, mais qu'ils ont également des aspirations, des envies. Attention : il n'est pas question d'arriver les mains dans les poches.

Nous passerons sur le côté vestimentaire (toujours relativement sobre si possible !) pour nous arrêter sur le fond de l'entretien. En effet, c'est quelque chose qui se prépare. Avant tout, sachez  pourquoi vous êtes là. Pourquoi souhaitez-vous intégrer un IEP ? Est-ce fait pour vous ? Correspondez-vous à cette école ? Apprenez à le dire, et à travailler votre langage corporel. Vous pouvez vous entraîner devant un miroir, par exemple. De plus, n'ayez pas l'air d'avoir appris un discours : la spontanéité mettra de la fraicheur et prouvera votre motivation. Enfin, veillez bien à ne pas mentir, cela se sentirait. Soyez francs et réalistes !

IX - Aller plus loin sur certaines questions

Il n'y a pas que Sciences Po Paris. En effet, six Instituts d'Etudes Politiques (IEP) de province proposent une épreuve en plus : la question contemporaine (et la question d'actualité pour l'IEP de Bordeaux). Il s'agit de dissertations dont les thèmes sont choisis en fonction de l'actualité.

Attention : il faudra analyser et non pas réciter ce que vous savez sur ce qu'il se passe dans le monde. Il est alors nécessaire de problématiser le sujet, puis d'en faire l'analyse. Des connaissances sont nécessaires mais, comme en histoire, il ne s'agit pas d'établir une encyclopédie. Idem pour la question d'actualité. Les thèmes de ces épreuves tombent généralement un peu avant les concours : restez à l'affut et potasser un maximum sur ces thèmes !

X - Se démarquer des autres

Finalement, l'ultime secret, c'est bien de se démarquer des autres. De montrer qu'on est allé plus loin, qu'on est allé en profondeur dans les sujets. Il n'est pas indispensable d'avoir une connaissance plus grande : ce qui fera mouche, c'est votre capacité à problématiser et à analyser. De même, la forme comptera grandement : un vocabulaire précis, varié, et clair sera un précieux allié. Enfin, relisez-vous : les fautes d'orthographe ne pardonneront pas...