L’ancienne fac d’Emmanuel Macron est occupée depuis mardi par les étudiants.

Depuis plusieurs semaines, une dizaine d’universités sont bloquées partout en France. Si certaines facs comme celle de Lille, de Nice ou de Tours ont réouvert leurs portes, le mouvement prend de l’ampleur dans d’autres établissements où les étudiants se réunissent en nombre. C'est le cas à Sciences Po dont les étudiants ont, pour la première fois depuis le lancement de la réforme, occupés les locaux.

Le symbole de Sciences Po

C’est un « acte symbolique », estiment les étudiants de Sciences Po. Suite à une assemblée générale qui s’est déroulée mardi soir, l’institution où ont étudié Emmanuel Macron et de nombreux députés est occupée. « Bloquons la fabrique à élite » peut-on lire sur les murs de Sciences Po. 

« Nous occupons Sciences Po parce que Macron en est sorti et que nous ne voulons pas finir comme lui », expliquent les étudiants dans leur communiqué. « En tant qu’étudiants à Sciences Po, certains diront que nous n’avons pas notre mot à dire dans le mouvement social actuel contre la sélection, puisque notre école est par essence sélective : nous estimons que notre école sert de laboratoire aux politiques d’éducation néolibérales et racistes telles que celles orchestrées aujourd’hui par le gouvernement. »

Ce mercredi, aucun étudiant n’est donc autorisé à entrer à l’intérieur du bâtiment. Les cours sont également reprogrammés dans d’autres antennes de l’institution. Les étudiants demandent à leur directeur, Frédéric Mion « de faire marcher ses réseaux pour obtenir le retrait de tous les projets de loi que nous condamnons ».

Des partiels reportés suite au blocage

Ailleurs, les étudiants ont quant à eux poursuivi leur action. Sur le site de Tolbiac à Paris, les examens ont dû être déplacés. Le Président de l’université, Georges Haddad a dénoncé le « capharnaüm » au sein de son établissement et attend ainsi l’intervention des forces de l’ordre. Même constat à Montpellier où le Président a également fait appel à la justice lundi après une occupation illégale des locaux ce week-end par une centaine d’étudiants.

A Rouen, le Président de l’université a préféré fermer son campus jusqu’à samedi « suite aux menaces d’une extension des blocages et face au risque accru de débordement », a-t-il indiqué. Les examens sont donc reportés ultérieurement.

De plus en plus d'étudiants impliqués

A Nanterre et Rennes 2, le blocage est reconduit. Sur 1 600 jeunes présents lors de l’assemblée générale de Nanterre, 1 272 ont voté pour la reconduction du blocage jusqu’à jeudi. Les partiels ont dû être reportés. A Rennes 2, le blocage se poursuit jusqu’au 30 avril après le vote de 3 000 étudiants sur 5 000 présents. Les examens sont quant à eux maintenus mais délocalisés.

Le Président de l’université de Strasbourg a, de son côté, tenté une nouvelle approche. Après le vote du blocage complet de l’établissement, Michel Deneken a lancé un vote électronique pour connaître les intentions de ses 50 000 étudiants concernant le blocage. Sur les 16 272 répondants, 72 % se sont prononcés contre et 18,5 % pour. « J’appelle aujourd’hui les étudiants attachés à la démocratie à reconnaître votre expression, à entendre ce résultat et à lever les blocages pour permettre à tous de travailler dans des conditions de sérénité », a-t-il annoncé mercredi matin.