Lors des révisions du baccalauréat, les lycéens se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes. Certains décident alors de se regrouper pour réviser. Une solution qui porte ses fruits.

« Un pour tous, tous pour un ! » Réviser les épreuves du baccalauréat à plusieurs, c'est possible. De plus en plus, les lycéens choisissent de se rassembler par groupe de trois, quatre ou cinq pour préparer leurs épreuves. Cette méthode porte-t-elle ses fruits ? Qu'apporte-t-elle de plus que la méthode traditionnelle ?

Plus facile de se motiver

A l'approche des épreuves du baccalauréat, certains lycéens se découragent à la vue de la masse de travail qu'ils ont à effectuer pour leurs révisions. Dans ces conditions, le travail de groupe est très adapté pour se motiver mutuellement. Kévin, ingénieur en développement durable, a obtenu son baccalauréat en 2006.

« Les révisions, c'est une période assez difficile. Effectuer des séances de groupe permet de gagner énormément de motivation, de ne pas se sentir seul, explique-t-il. Les après-midi passent beaucoup plus vite lorsque l'on révise à plusieurs, ça fait du bien. Puis, il y a les petites pauses, qui permettent de parler d'autre chose, de rire, de se changer les idées. Pour finir, cela permet de ne pas trop se disperser. Quand j'étais seul, j'avais tendance à penser, à divaguer ou à me mettre à faire autre chose. Là, je n'avais pas le choix », vante-t-il.

Un point de vue partagé par Victor, diplômé du bac la même année, actuellement en poste dans le domaine du développement international. « Ce qui est intéressant lors de ces séances, c'est qu'il y en a toujours un pour rattraper l'autre, expose-t-il. Bien sûr, parfois, on se disperse et on commence à parler d'autre chose. Mais il y a toujours quelqu'un pour remotiver les troupes. Du coup, le mélange est assez plaisant car on arrive à passer de bons moments tout en apprenant énormément. J'en ai d'excellents souvenirs », se rappelle-t-il.

Quitterie, élève de terminale L, va opter pour cette méthode de révision. « Si je commence à réviser toute seule, je vais vite me désintéresser si je ne comprends pas un élément. Ou alors, je vais bâcler et ne pas le réviser. Alors que si je suis avec mes amies, elles seront en train travailler et me pousseront donc à en faire de même », avoue-t-elle.

« Une autre manière de réviser »

Le point fort des révisions en groupe ? Leur interactivité. Elles ouvrent le dialogue, le débat, permettent de confronter les idées, les points de vue. Des discussions qui facilitent souvent la compréhension. « C'est une autre manière de réviser, se souvient Kévin. Au lieu de passer son temps à relire ses cours, d'autres personnes nous posent des questions. Cela permet de prendre du recul, de se recentrer sur des éléments importants qui nous avaient peut-être échappés. Puis, souvent dans un petit groupe d'amis, chacun à ses qualités, ses matières fortes. Réviser en groupe permet de s'aider mutuellement à combler nos faiblesses », soutient-il.

« Dans mon groupe d'amis, chacun a des facilités dans des matières spécifiques, appuie de son côté Quitterie. Je pense que ces révisions en groupe nous serviront énormément car ils expliqueront aux autres ce qu'ils n'ont pas compris. »

Marion, elle, a obtenu son bac en 2009, elle est aujourd'hui journaliste en presse écrite. « Durant mon bac, j'ai alterné les révisions de mon côté et celles avec mon groupe d'amis. On se retrouvait à plusieurs pour discuter des grands thèmes. Chacun avait ses fiches, on en discutait, et tout le monde ajoutait des notions. Cela permettait de se corriger les uns les autres et de donner son avis si on pensait que la personne avait oublié quelque chose d'important », témoigne-t-elle.

Un jour, un sujet

Pour progresser, la meilleure méthode est de ne pas se disperser : un jour, un sujet. « Certaines matières comme l'Histoire ou les langues demandent d'avoir des connaissances précises. Alors, on révisait, chacun de notre côté, et on se retrouvait ensuite. Pour l'Histoire, ça pouvait concerner les dates clés, les événements, les personnages. Puis on se retrouvait et on passait tout en revue. On prenait le temps d'expliquer les choses si l'un ou l'autre n'avait pas compris. Pour les langues, c'était plutôt des interrogations sur du vocabulaire, des verbes... Pour des matières comme la philosophie, nécessitant de la compréhension, on se réunissait et on passait en revue les cours. Dès que quelqu'un avait une interrogation, il la formulait, on s'arrêtait et on en discutait », décrit-il.

« C'était très enrichissant, reprend Victor. La veille, on révisait chez nous un ou deux chapitres d'une matière. Le lendemain, on se rejoignait et on se récitait les cours, on se posait des colles. C'était marrant parce qu'on se chambrait sur des dates ou des détails, mais au final, on progressait tellement. » De son côté, Marion optait pour de « petits oraux devant ses amis, à tour de rôle ». Une méthode « très utile » qui l'a beaucoup aidée à retenir ses cours.

Une méthode conseillée par les professeurs

Pauline Pépin, professeur au lycée Joliot-Curie de Nanterre, conseille cette méthode. « Le travail en groupe peut être intéressant pour ceux qui veulent sortir un peu la tête de leur bouquin, ça peut aider à mieux comprendre certaines notions, soit parce qu'on se retrouve à devoir les expliquer à quelqu'un, soit parce que quelqu'un autre que le prof les explique. L'idéal se serait de mélanger toutes les méthodes, faire des fiches seuls et réviser avec son livre et ses cours, emporter ses fiches quand on sort pour réviser un peu tout le temps, et passer des moments en groupe pour rendre les révisions moins pénibles et parfois plus constructives ».

Un avis partagé par Aurélien Loisel, professeur de mathématiques : « Le travail en groupe peut être efficace à condition de bien l'organiser : il faut travailler sur le même sujet et ne pas attendre des autres les réponses. C'est à l'élève de terminale de travailler dans son coin et ensuite, demander de l'aide à ses camarades si jamais il bloque sur une question. Cet environnement de travail motive les élèves et permet à ceux qui pensent avoir compris de tester leurs connaissances en expliquant. »

Pour finir, Kévin précise que, pour ce genre de séances, « il faut faire des groupes de révision restreints, 3 à 5 personnes maximum, sinon ça devient vite difficile. Après, les groupes se forment par affinité, mais pour que ce soit bénéfique, il faut essayer d'avoir des personnes sérieuses ayant des atouts différents », conclut-il.