Il n'est pas toujours aisé de se présenter devant un jury composé d'un ou plusieurs examinateurs. Quelle attitude adopter ? Comment faire bonne figure ? Comment lutter contre le stress ? Deux anciens étudiants et une professeure vous conseillent pour aborder au mieux vos oraux.

Très souvent, les oraux font peur, quel que soit le contexte ou le niveau d'études. Pourtant, il suffit souvent d'arriver en forme et sûr de ses capacités pour réussir ce type d'épreuves. Pour vous aider au mieux à aborder un oral, Orientations a interrogé deux diplômés et une professeure de français. Découvrez leurs astuces pour réussir au mieux le jour J.

Comment préparer l'oral ?

Quelles sont les astuces pour préparer un oral le plus efficacement possible ? Victor, diplômé d'un master en sciences politiques insiste sur deux points « très importants » afin d'être prêt le jour J. « Tout d'abord, il faut travailler en groupe et réciter à un partenaire le cours sur lequel on va être interrogé. En travaillant une première fois les formulations à l'oral, en s'entraînant à restituer son cours, la langue se délie et le discours commence déjà à se structurer dans notre esprit, explique-t-il.

Puis, travailler à plusieurs permet de se confronter au regard des autres, d'analyser les formulations qui passent, celles qui ne passent pas. Lorsque l'on oublie un détail, un passage, les autres n'hésitent pas à nous le rappeler, c'est toujours positif », détaille-t-il. Dans un second temps, il conseille également « de préparer, sur des fiches, un plan en deux ou trois parties pour chaque sujet potentiel ». Le discours peut ainsi être plus structuré lorsqu'il est prononcé devant les examinateurs.

De son côté, Françoise Cahen, professeure de français de lycée, explique que « si l'on n'est pas encore très au point, on peut encore réviser jusqu'au jour J. Le conseil qui consiste à dire aux candidats d'arrêter les révisions pendant plusieurs jours avant l'épreuve ne me semble pas très bon, juge-t-elle. Il est vrai qu'il faut s'être entraîné régulièrement, mais parfois, se rafraîchir la mémoire peu de temps avant l'épreuve peut être salutaire », explique-t-elle.

Elle conseille également aux candidats « de s'entraîner quelques jours auparavant avec un camarade dans les conditions de l'examen sur des sujets-types, en se faisant passer l'un l'autre un oral fictif chronométré, c'est très formateur », plaide-t-elle.

Quelle tenue vestimentaire pour un oral ?

En fonction du type d'oral que vous allez passer, vous devrez adapter votre tenue vestimentaire. Audrey, diplômée en 2014 d'un master Métiers des études et du conseil, explique que, la plupart du temps, mieux vaut rester « neutre, sobre ». Pour elle, il faut éviter les « couleurs extravagantes ou les motifs trop prononcés qui pourraient distraire l'examinateur. »

Pour Victor, ce facteur n'est pas « primordial ». Il conseille toutefois de ne pas « attirer l'attention du jury » et de faire « dans la sobriété : un jean et une chemise pour les garçons, un tailleur pour les filles ».

Françoise Cahen se veut également rassurante : « La tenue n'est pas notée, rassure-t-elle. Si vous avez des cheveux coupés à ras, ou bien un piercing, cela ne peut pas être à l'origine d'une mauvaise note. Toutefois, une tenue neutre est conseillée. Ne pas s'endimancher outre mesure : on voit parfois des candidats peiner dans une tenue élégante mais inconfortable, des chaussures neuves mais trop petites, etc. Bien sûr, ne venez pas en espadrilles ou en short. J'ai déjà vu un candidat arriver en tongs et en bermuda effrangé, c'est vrai que cela ne contribue pas à donner une très bonne image de soi », soutient-elle.

Comment gérer le stress ?

Le stress est souvent le pire ennemi lors des épreuves orales. Manque de salive, mal au ventre, mains moites, palpitations... Ce sentiment peut provoquer de nombreuses défaillances le jour de l'examen. La meilleure solution pour lutter contre le stress reste de « relativiser », conseillent Victor et Audrey. « Il faut se dire que de toute façon, on connaît son cours et qu'on a fait notre partie du travail. Il s'agit maintenant de le restituer dans le calme, tant pis si l'on oublie quelques détails. De toute façon, une fois devant le jury, autant y aller avec énergie et conviction », lance Victor.

Respirer profondément avant son passage à l'oral aide également le candidat à faire redescendre le stress. « Ce n'est pas parce qu'on est dans une situation d'examen qu'on n'a pas le droit de bafouiller un peu, de chercher ses mots : c'est très naturel, rien n'est dramatique, expose Françoise Cahen.

Un examinateur n'en voudra jamais à un candidat parce qu'il bute sur un mot ou qu'il hésite : il faut donc rester décontracté, faire confiance à son propre sérieux, et surtout ne jamais se fier à 'la mine' de l'examinateur. Ce n'est pas parce qu'il fronce les sourcils qu'il va vous mettre une mauvaise note », ajoute la professeure.

Quelle attitude adopter pendant l'oral ?

Comment renvoyer une bonne image aux examinateurs ? Françoise Cahen insiste tout d'abord sur les basiques : « Il faut être poli, dire bonjour, sans trop en faire non plus, regarder l'examinateur dans les yeux, sourire lorsqu'on arrive », lance-t-elle. Audrey, de son côté, suggère de « toujours se tenir droit, ne pas croiser les bras, quitte à avoir une feuille ou un stylo dans les mains pour s'obliger à ne pas les croiser. Un examinateur sera toujours plus enclin à être indulgent à l'égard d'une personne qui lui montre du respect en se tenant respectueusement devant lui », explique-t-elle.

« Il faut être détendu, conseille Victor. On est jugé sur notre capacité à répondre à la question posée mais aussi sur notre manière de convaincre et de nous exprimer clairement. » Un avis partagé par Françoise Cahen : « Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un exercice de communication, il faut donc parler intelligiblement, regarder son interlocuteur, ne pas lire sa feuille de brouillon d'un air blasé. Il faut persuader l'examinateur qu'on a éprouvé de l'intérêt pour sa matière, s'impliquer personnellement dans ses propos, ne pas 'réciter' quelque-chose sur un ton détaché ».

Elle ajoute également que, quand l'examinateur donne le sujet à traiter, « il ne faut pas chercher à négocier pour en changer, ni laisser paraître sa déception ou bien une trop grande joie, cela fait toujours très mauvaise impression ».

Je ne connais pas la réponse à une question, comment m'en sortir ?

Parfois, le jury vous pose une question que vous ne comprenez pas ou pour laquelle vous ne connaissez pas la réponse. Comment réagir ? « Si c'est la question posée qu'on ne comprend pas, il faut immédiatement demander poliment à l'examinateur de la reformuler, on peut en effet demander l'explication d'un mot qu'on n'a jamais rencontré par exemple, témoigne Françoise Cahen. Si l'on comprend la question mais qu'on ne possède pas la réponse, il est plus prudent de ne pas répondre n'importe quoi et d'avouer qu'on ne sait pas », continue-t-elle.

« C'est trop risqué de faire des hypothèses au hasard : parfois les candidats semblent faire des paris quand on leur demande à quelle époque a vécu tel ou tel auteur, ce qui donne lieu à des anachronismes certes savoureux, voire comiques, mais pas très valorisants pour eux », ajoute-t-elle.

Du côté des deux anciens étudiants, le point de vue est plus modéré. « Baratiner n'est pas la solution, admet Audrey, l'examinateur s'en rend compte tout de suite. En revanche, le candidat peut faire appel à d'autres connaissances et essayer de rebondir. Dire de but en blanc 'je ne sais pas', c'est prendre un risque énorme. »

Même son de cloche du côté de Victor. « Il faut savoir rebondir et mobiliser toutes ses connaissances, estime-t-il. On peut essayer de ramener le sujet à autre chose, citer un exemple tiré d'une autre matière, d'un livre. L'important est de ne pas perdre ses moyens, tout est dans l'attitude. Si l'on admet que l'on n'a pas la réponse, il faut le faire avec assurance », prévient le jeune homme.

Pour finir, soyez en forme le jour de votre oral. Rien de mieux qu'une bonne nuit de sommeil pour arriver dans les meilleures conditions le jour J.