Une école proche du métier : voilà ce que l'on pourrait dire de BJOP. Sise au dessus de l'Union Française de la Bijouterie, cet établissement forme les bijoutiers-joailliers de demain. L'établissement, fondé en 1867, ne se repose pas sur ses lauriers : il fourmille même de projets !

L'école BJOP L'école BJOP
L'école BJOP

Bon nombre de bijoutiers-joailliers sont passés par l'école BJOP. L'établissement, fondé en 1867, forme aussi des sertisseurs, des lapidaires, des polisseurs, mais a dû suivre les tendances qui, peu à peu, se sont installées. "L'école a suivi les évolutions techniques : nous formons ainsi des dessinateurs, des designers, des infographistes...", explique Michel Baldocchi, le directeur.

Et si les évolutions techniques s'accélèrent avec le temps, la joaillerie semble échapper quelque peu à cette spirale. Ici, on dessine à la gouache, on s'applique sur des établis en bois aussi vieux que l'école, où l'on peut lire sur une plaque de cuivre : "Etablis offert par Cartier". Même si, dans un petit local, une imprimante 3D a fait son entrée depuis peu...

Des formations attrayantes

Ce sont avant tout des savoir-faire manuels qui sont transmis par des professionnels, à des petits groupes d'une quinzaine d'étudiants. Pour intégrer le cursus, ils doivent avoir entre 16 et 21 ans, et passer un concours. Si la plupart possède le bac, ce n'est pas un pré-requis indispensable.

Dans les salles de classe, les étudiants sont silencieux et appliqués. Et de plus en plus intéressés par ces formations ! "En avril, 300 candidats ont passé le concours. L'an dernier, c'était 280. Il y a dix ans, ils étaient 150...", se souvient le directeur.

"Il y a un très grand intérêt pour ce secteur, pour ces métiers d'art appliqué. D'autant que ce sont des professions qui offrent de beaux débouchés : les jeunes et leurs familles en sont bien conscients. C'est un domaine professionnel très ouvert : un bijou, ça va de 15 euros à 15 millions d'euros. Bien sûr, on ne réalise pas le même produit, mais les concepts et les contraintes techniques sont les mêmes", explique Michel Baldocchi.

Formations de bijoutiers-joailliers Formations de bijoutiers-joailliers
Le secteur de la bijouterie-joaillerie offre de beaux débouchés aux étudiants.

Une véritable corporation

L'école est à l'image de la corporation : solidaire et organisée. D'ailleurs, elle est sise, depuis sa création, dans l'hôtel corporatif de l'Union Française de la Bijouterie. Cette dernière a également créé un orphelinat (toujours en activité), une maison de retraite,... L'école, elle, ajuste ses frais de scolarité sur les revenus de l'étudiant. Des frais qui s'échelonnent de 4 000 à 7 000 euros. "Nous devenons, à la rentrée, un centre des impôts : nous demandons les déclarations de revenus des familles", plaisante le directeur.

Et la joaillerie ne quitte pas cette région de Paris. Bien qu'il existe d'autres formations, notamment dans la région lyonnaise, "si on veut apprendre la joaillerie, il faut venir à Paris", martèle le directeur. Les jeunes diplômés iront ensuite intégrer un atelier d'une grande maison de la place Vendôme toute proche, ou se lanceront à leur compte, dans des bijouteries ou des galeries.

Une formation qui veut séduire les garçons

Malgré cette concentration sur la Capitale, l'école s'ouvre à l'international. Elle va notamment se lancer dans des partenariats, et est en discussion avec deux écoles européennes : la suisse Head, et la britannique Saint Martins School. Ce rapprochement avec le monde du design s'explique parfaitement. "Tous les couturiers ont besoin de jeunes créateurs", avance le directeur. "Et certains étudiants veulent se lancer dans le bijou de mode."

Un autre projet, plus structurel, serait de recruter plus de garçons. Difficile en effet, en pénétrant les ateliers, de ne pas remarquer cette forte présence féminine. Alors que dans les écoles d'ingénieurs on essaie d'attirer les filles, ici, ce sont les garçons qui sont la cible. Même la présidente du groupe déplore cette féminisation à outrance. "Nous prenons 40 étudiants, et les 50 premiers sont des filles !", regrette ainsi Bernadette Pinet-Cuoq, présidente des écoles BJOP. L'école souhaite donc diversifier ses étudiants en effectuant une promotion en amont du concours.