Dans leurs enquêtes de l’été, l’Unef et la Fage s’inquiètent de voir le coût de la vie étudiante continuer d’augmenter. 

Alors que les cloches de la rentrée viennent de sonner dans les écoles, collèges et lycées, les étudiants français se préparent à se serrer la ceinture pour cette année universitaire 2017-2018. Plusieurs alertes ont été données, cet été, concernant l’augmentation du coût de la vie étudiante.

Prix de la rentrée : 2 400 €

Les premières viennent des deux principaux syndicats étudiants. Dans son indicateur du coût de la vie étudiante, la Fage estime que la rentrée 2017 coutera en moyenne 2403,64 € aux étudiants français, soit une augmentation de 1,86 % par rapport à 2016.

« En 10 ans, le coût de la rentrée a augmenté de plus de 10 % », alerte le premier syndicat étudiant du pays, qui constate également que « si le coût de la vie augmente, les ressources, elles, diminuent ». La Fage pointe notamment dans cette allégation la réduction des APL de 5 € annoncée par le gouvernement, qui concerne 800 000 étudiants. 

Les mutuelles et les loyers surveillés de près

L’organisation s’intéresse de près au cas des mutuelles étudiantes. Leurs tarifs auraient grimpé de 9,1 % en région et de 7,5 % à Paris. Un discours contesté par le réseau de mutuelles étudiantes emeVia, qui parle de « chiffres totalement faux ». Dans un communiqué, il rappelle que « seuls 12 % des étudiants » ont recours aux mutuelles étudiantes, et s’interroge : « L’augmentation des tarifs ne viendrait-elle pas des complémentaires proposées par les autres organismes mutualistes et notamment des complémentaires parentales ? »

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Un point qui ne fait en revanche pas débat, c’est celui des loyers. L’enquête Unef 2017, selon laquelle le coût de la vie étudiante augmente cette année de 2,09 %, révèle que les loyers des petites surfaces sont en augmentation dans 37 villes étudiantes. 

D’importantes différences sont notamment observées à Limoges (+ 7,60 %), Grenoble (+ 4,34 %), Rouen (+3,65 %), Strasbourg (+ 2,69 %) ou Paris (+ 2,23 %). A l’inverse, à Lille, qui a instauré une politique d’encadrement des loyers, ceux-ci ont baissé de 0,33 %.

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Paris, ville la plus chère de France

Autre point de dépense conséquent : les transports. Dans cinq agglomérations, les étudiants doivent débourser plus de 300 euros par an pour se déplacer : la région parisienne (342 €), Tours (331,20 €), Rennes (321 €), Dijon et Lyon (315 €). 

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L’enquête de l’Unef dresse le classement des villes les plus chères pour les étudiants. Sans surprise, il est dominé par Paris et d’autres grandes villes d’Île-de-France. Nice, Aix, Lyon, Bordeaux et Marseille sont les villes les plus onéreuses en région.

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Un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté

Ces rapports menés par des organisations étudiantes ont notamment pour vocation d’alerter le grand public sur le quotidien difficile des étudiants. Et si les conclusions sont alarmantes, elles ne sont pas exagérées. En réaction à cette actualité, Les Décodeurs du Monde ont déniché un rapport de 2015 de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), selon lequel 19,1 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian, soit 987 euros par mois). 

L’article rappelle par ailleurs que plus d’un tiers (36,3 %) des étudiants perçoivent des aides de l’état, et près d’un sur deux (46 %) est obligé de travailler pendant sa scolarité.