Que ce soit du côté des enseignants, des étudiants ou du conseil supérieur de l’éducation, le gouvernement a très peu de soutiens.

Après avoir présenté son projet sur la réforme de l’université en novembre 2017 puis celle du lycée en février dernier, le gouvernement est encore loin de récolter tous les suffrages. Si pour la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, « le plan étudiant a été construit dans la concertation », aujourd’hui, seules la Fage, premier syndicat étudiant et une cinquantaine de vice-présidents d’université soutiennent les réformes du gouvernement.

Etudiants et des professeurs unis contre la sélection

En effet, du côté des étudiants et des enseignants la colère monte depuis plusieurs semaines. Manifestations nationales, blocage des universités, occupation des locaux, cours annulés, partiels reportés, le mouvement prend de l’ampleur. En cause : la mise en place de la nouvelle plateforme d’admission post-bac, Parcoursup, dont le processus utilisé est jugé sélectif pour permettre aux lycéens d’entrer à l’université.

Avec le soutien de l’Unef, deuxième syndicat étudiant, les étudiants réclament donc le retrait de loi ORE. Tout comme les professeurs, dont 400 d’entre eux ont signé une pétition pour dénoncer la sélection.

Des réformes rejetées par le CSE

Des revendications d’ailleurs approuvées par le conseil supérieur de l’éducation. En mars dernier, cette instance, composée de syndicats enseignants, de parents d’élèves et d’étudiants, avait déjà rejeté la mise en place de Parcoursup. « La sélection est purement et simplement imposée à la communauté éducative », s’était indigné Sud éducation. Aucune voix ne s’était d’ailleurs élevée en faveur de la réforme.

La semaine dernière, le conseil supérieur de l’éducation s’est à nouveau prononcé, mais cette fois, contre la réforme du lycée. Contrairement à la loi Orientation et réussite des étudiants, adoptée le 8 mars, la réforme du lycée est quant à elle toujours au stade de projet. Le conseil a notamment rejeté trois arrêtés proposés par le gouvernement : le premier à propos du programme de seconde (sciences économique et sociale obligatoires, apparition des sciences numérique et technologique) et les deux autres concernant la suppression des filières en voie générale et technologique.

Des mesures nécessaires

Néanmoins, d’autres organisations continuent à soutenir le gouvernement depuis le lancement du projet de réforme de l’université. C’est le cas du Cneser (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui, dès novembre 2017, avait déjà voté en faveur de la « philosophie » de la réforme. « Un vote historique » selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Le 8 mars dernier, cette instance constituée de professionnels du milieu éducatif, a renouvelé, de justesse, son soutien concernant Parcoursup (34 voix pour, 32 voix contre).

Autre acteur essentiel : la Fage. Le premier syndicat étudiant a réaffirmé son soutien en rappelant « l’impératif d’élever le niveau de qualification des jeunes en permettant l’accès et la réussite de tous dans l’enseignement supérieur ». Plus récemment, une cinquantaine de vice-présidents d’universités ont signé une tribune en soutien au gouvernement en rappelant l’urgence d’agir.

En attendant, une nouvelle journée de mobilisation lycéenne et étudiante se déroulera le 19 avril contre les réformes du gouvernement.