Plus de 70 % des candidats mentent sur leur curriculum vitae, et neuf sur 10 trouvent normal de l'arranger, révèle une récente étude. Cela va du "tri" des informations au véritable mensonge sur les diplômes, les langues, voire même l'adresse. Une tendance dommageable pour les entreprises, qui ne contrôlent qu'encore rarement les dossiers des candidats...

Les CV ne reflètent pas souvent l'entière réalité. En effet, selon la 7e étude* sur les curriculum vitae trompeurs réalisée par le Florian Mantione Institut, 75 % des CV ne disent pas la vérité ! "La première étude a été effectuée en 1989 suite à un candidat qui avait marqué sur son CV : "Diplômé de l'ESC Toulouse 1972". Il se trouve que j'ai été diplômé de l'ESC Toulouse en 1972 et qu'il s'agissait donc d'un imposteur...", explique Florian Mantione. "Cela a été la révélation et j'ai décidé d'interroger les employeurs sur leurs mésaventures avec des candidats malhonnêtes et des candidats sur les motivations de falsifier leur CV".

Des candidats décomplexés

Cette étude révèle ainsi que les candidats sont parfaitement décomplexés face aux CV mensongers. 90 % des candidats déclarent ainsi normal d'arranger son curriculum vitae ! Et, au niveau des arrangements, cela peut toucher les diplômes, le poste occupé, les langues étrangères, l'adresse,... "La concurrence est plus exacerbée", justifient par exemple les candidats. Quand ce n'est pas "il faut bien se vendre" voire même "on m'a conseillé d'écrire cela..." !

Certains indiquent même que, "avec internet et la saisie en ligne, c'est maintenant plus facile... car on peut commettre des 'erreurs de saisie'". Et ils ne s'en privent pas : deux-tiers des candidats sont incités à tricher car "la tromperie est mise sur le compte de l'erreur de saisie". Pourtant, un tiers des candidats remplissent de la même manière un dossier manuscrit ou un dossier informatisé...

Les employeurs ne contrôlent pas suffisamment

Il faut dire que tricher sur son CV peut être relativement tentant. Et pour cause : peu d'employeurs font des recherches poussées, alors qu'il serait facile de démêler le vrai du faux !

L'étude indique ainsi que deux employeurs sur 3 ne font aucun contrôle. Et, quand ils enquêtent, 61 % questionnent souvent le précédent employeur, 38 % se tournent souvent auprès des références professionnelles citées, et 26 % font des recherches auprès des écoles. 18 % des recruteurs utilisent également les réseaux comme moyen complémentaire d'information. C'est l'employeur lui-même qui, dans 43 % des cas, effectue toujours les recherches. Et celles-ci peuvent faire "tomber" un candidat : 28 % recalent souvent un candidat trompeur après investigations.

Et les plus tentés par les modifications sont...

  1. Les commerciaux (75 %)
  2. Les managers (52 %)
  3. Les techniciens, ingénieurs (36 %)
  4. Les administratifs (26 %)

*Etude menée auprès de 100 candidats par entretien, 352 entreprises par questionnaires, et 50 DRH ou chef de TPE par entretien.