Un tiers des lycées français n’ont pas trouvé de second professeur principal, comme le demande le Plan étudiants du gouvernement.

« Les délais sont trop courts », s’indignait le syndicat des personnels de direction (SNPDEN), à l’annonce du Plan étudiants. D’après leur sondage, révélé début décembre par l’AEF, 35 % des chefs d’établissements n’ont pas trouvé de second professeur principal pour leurs classes de terminale. Des chiffres qui n’étonnent pas le syndicat qui avait déjà prévenu des difficultés auxquelles les établissements devraient faire face.

Un recrutement difficile

Le 30 octobre dernier, le gouvernement présentait le Plan étudiants, qui prévoit, entre autres, le recrutement d’un second professeur principal pour les élèves de terminale. Son rôle : les accompagner sur leur orientation, les conseiller sur leur projet professionnel, leur présenter la nouvelle plateforme ParcourSup, organiser des ateliers informatiques, rédiger une synthèse des vœux de chaque élève pour le deuxième conseil de classe….

Les chefs d’établissement avaient jusqu’au 1er décembre pour recruter un professeur principal. Pourtant, seulement 15 % d’entre eux l’ont trouvé et 40 % indiquaient que la procédure était toujours « en cours ».

Une charge trop importante

Lors d’une séance de la commission culture, éducation et communication au Sénat, Philippe Vincent, secrétaire adjoint du SNPDEN, a dénoncé la charge de travail que représente le poste de professeur principal : « Ils savent que l’orientation fait partie intégrante de leurs missions. C’est d’ailleurs la lourdeur et la complexité de cette charge qui expliquent le peu d’appétence des enseignants pour cette fonction de professeur principal. »

Manque de psychologues de l'éducation

Le sondage d'AEF va encore plus loin : 20 % des chefs d’établissements reconnaissent avoir des problèmes pour embaucher et 15 % n’ont pas encore démarré le recrutement. Mais d’après Philippe Vincent, les professeurs principaux ne sont peut-être pas la priorité.  « Il y a déjà un quasi trop-plein d’informations adressées aux élèves de terminale dont la difficulté concerne plutôt le décryptage de ces informations. », détaille-t-il. Or, « les psychologues de l’éducation nationale sont en nombre insuffisant ». 

Les deux professeurs principaux doivent également aider les lycéens lors des « semaines de l’orientation », dont la première doit se dérouler en décembre, avant le premier conseil de classe.