Que ce soit en raison de résultats insuffisants ou de désaffection pour la voie choisie, les étudiants qui choisissent d'abandonner leur cursus après une première année de filière sélective - classes préparatoires ou première année de médecine (L1 Santé) - ont de nombreuses possibilités de se réorienter.

Un grand nombre d'établissements sont en effet prêts à les accueillir les bras ouverts, car ils savent que ces profils ont déjà acquis une méthodologie et une capacité de travail leur permettant d'intégrer facilement une nouvelle voie.

Après une prépa

Les lycées proposant des classes préparatoires, littéraires, économiques ou scientifiques, ont généralement conclu des conventions avec des universités. Celles-ci permettent à leurs étudiants d'intégrer directement une Licence 2 (L2) à l'issue de la première année de classe préparatoire. Il est préalablement demandé aux étudiants d'effectuer leur inscription universitaire, et leur dossier est, par la suite, transmis à l'UFR concernée pour valider l'équivalence de L1.

Les étudiants de prépas peuvent également demander à intégrer une université avec laquelle leur établissement n'a pas conclu de convention. Dans ce cas, une commission pédagogique étudie les candidatures au cas par cas, et décide d'accorder une équivalence de L1 complète ou partielle.

Si la première année de prépa permet de valider 60 crédits ECTS, il se peut en effet que certaines matières de la L1 n'aient pas été étudiées (par exemple, l'informatique pour un étudiant venant d'hypokhâgne). Pour valider les UE manquantes, les étudiants doivent généralement passer les examens de rattrapage.

Après une école

Si vous faites partie des - rares - étudiants ayant réussi à intégrer une école, mais qui ont échoué pour en sortir, deux alternatives de formation s'offrent à vous. Retenter les écoles post-bac, ou opter pour la faculté dans la discipline de votre choix, ce qui offre une autre possibilité d'obtenir un bac+5. Le seul détail à régler est alors d'expliquer votre départ de l'école. Si celui-ci n'était pas volontaire, il est probable que les universités se montrent réticentes à vous inscrire. Une lettre de recommandation de l'un de vos professeurs sera alors une exigence incontournable, et un examen de rattrapage peut également vous être imposé.

Après une première année de médecine

La réforme des études de médecine a été mise en place afin d'atténuer les conséquences du très grand nombre d'échecs en première année. Outre la création de la PACES (première année commune aux études de santé ou L1 Santé), les établissements ont été invités à multiplier encore davantage les passerelles et les solutions de réorientation pour les étudiants ne passant pas en deuxième année.

Les passerelles ne sont pas homogènes au niveau national, et chaque université a sa propre politique en la matière. En général, les étudiants ayant obtenu la moyenne mais n'étant pas classés (les "reçus-collés") peuvent acquérir une équivalence totale pour une entrée directe en Licence 2 (et parfois en 2e année de DUT). Les autres étudiants passent souvent devant une commission pédagogique qui étudie leur dossier avant d'accorder une éventuelle équivalence.

Les cursus proposés en passerelle tournent généralement autour des sciences (biologie, chimie, psychologie...), mais certaines universités proposent également aux étudiants en médecine d'intégrer la filière STAPS. Enfin, certaines universités ont mis en place des dispositifs leur permettant d'intégrer des études de droit.

Le témoignage d'un étudiant

Clément, en deuxième année de droit à la Faculté Libre de Droit (FLD) après une première année de médecine.

Pourquoi avoir choisi de vous réorienter vers le droit après des études de médecine ?

"J'ai fait deux premières années de médecine et, la deuxième année, j'ai loupé le concours d'une place. La réforme venait de passer, interdisant d'effectuer une troisième année, et je n'avais de toute façon plus trop la motivation.

Depuis mon enfance, je voulais être médecin, et je n'avais pas vraiment de roue de secours. Alors que je me posais la question de savoir où me réorienter, j'ai reçu un courrier de la FLD, m'informant de cours mis en place durant l'été pour les étudiants reçus-collés souhaitant intégrer des études de droit en deuxième année. Je suis allé voir et cela m'a plu."

N'est-ce pas trop difficile de suivre des études de droit lorsque l'on vient de médecine ?

"Les deux matières n'ont rien à voir. Néanmoins, les études de droit demandent beaucoup de par cœur, auquel la médecine prépare bien. Le rythme de travail important ne m'a pas non plus déstabilisé, car je travaillais auparavant aussi beaucoup, sinon plus.

Les premiers mois ont été un peu difficiles : il fallait se faire à une méthode et à des cours complètement différents. Néanmoins, j'y avais été préparé durant l'été et j'ai pu bénéficier d'un tutorat durant toute l'année. Je viens d'avoir mes résultats et je passe en troisième année. Honnêtement, je pense qu'aujourd'hui mon niveau n'est plus différent des étudiants arrivés dès la première année."

Comment envisagez-vous désormais ce tournant radical dans votre parcours ?

"Au moment de me réorienter, je me suis posé la question de pourquoi je souhaitais être médecin. Certains font ce choix de carrière en raison de leurs goûts scientifiques, d'autres pour l'aspect humain, ce qui était mon cas.

Je viens d'effectuer un stage chez un notaire, et les métiers du droit ont beaucoup de similitudes avec la profession de médecin. Il faut également recevoir les personnes dans son cabinet, les conseiller et essayer de trouver une solution. Ce n'est finalement pas si différent de la relation que peut avoir un médecin avec ses patients."